Podcast #10 : Epargne retraite, à quelles économies d'impôts ai-je droit ?

Podcast #10 : Epargne retraite, à quelles économies d'impôts ai-je droit ?

Aujourd'hui, nous allons aborder les économies d'impôts. Eh oui, sachez que lorsque vous épargnez pour votre retraite, vous pouvez bénéficier de coups de pouce fiscaux. Pour nous aider à faire la lumière sur ce sujet, retrouvons Pascal Lavielle, responsable Fiscalité, Ingénierie Patrimoniale et Retraite chez BNP Paribas Cardif. 

Ecoutez le podcast ou prenez connaissance de sa retranscription ci-dessous.

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La fiscalité de l'épargne retraite est-elle avantageuse ?

Pascal : Effectivement, la fiscalité de l'épargne retraite, et notamment du PER, peut être avantageuse. Le PER, le Plan d'épargne retraite, permet à tout épargnant de réaliser des économies d'impôt, grâce à un mécanisme de déductibilité des versements de son revenu imposable, pour les particuliers, ou, pour les travailleurs non-salariés, du bénéfice imposable, ce qui constitue un coup de pouce fiscal, pour inciter à se constituer un complément de revenus pour sa retraite.

Quel est précisément cet avantage fiscal ?

Pascal : Cet avantage fiscal consiste à pouvoir déduire les versements qui sont effectués par l'épargnant, dans des limites qui vont dépendre de son statut.

Ainsi, pour les particuliers, le montant des versements qui vient en déduction de votre revenu net global imposable est égal au plus élevé des 2 plafonds suivants :

  • Soit 10 % de vos revenus d'activité professionnelle de l'année précédente, nets de cotisations sociales et des frais professionnels, et dans la limite de 8 PASS PSS ou Plafond de la Sécurité sociale<p>Montant de référence qui sert à calculer certaines cotisations sociales, le montant maximal de certaines prestations sociales et les plafonds d'exonération de primes d'assurance à des contrats de retraite ou de prévoyance. Son montant est revalorisé tous les ans suivant l'évolution des salaires.</p>(Plafonds annuel de la Sécurité sociale) de l'année N-1, soit une déduction maximale de 32 000 pour les versements de 2020, 
  • Ou alors 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale de l'année précédente, soit un montant de 4 000  pour les versements de 2020.

Pour les travailleurs non-salariés, le montant qui vient en déduction de votre bénéfice professionnel est égal au plus élevé des 2 plafonds suivants :

  • 10 % de la fraction de votre bénéfice imposable de l'année en cours dans la limite de 8 PASS, auxquels s'ajoutent 15 % supplémentaires sur la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 PASS et 8 PASS, soit un maximum de 76 100  pour 2020 ;
  • Ou alors 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale de l'année en cours, soit un montant de 4 100 €.

On retrouve ainsi les mêmes plafonds que ceux dont ont bénéficié le Perp et le contrat Madelin.

En pratique, comment fonctionne l'avantage fiscal du PER ?

Pascal : Lorsque j''alimente mon PER, je peux réaliser des économies d'impôt. Toutefois, cette économie d'impôt ne constitue pas une exonération d'imposition, mais plus exactement un différé d'imposition. Le versement effectué sur le Plan d'épargne retraite vient en déduction du revenu imposable à un moment où l'on est plus fortement imposé, c'est-à-dire pendant la période où l'on est en activité. Cette imposition est différée à la liquidation du PER après le départ à la retraite, c'est-à-dire à un moment où l'on est en principe moins imposé. Plus précisément, en cas de sortie en capital, on doit réintégrer le montant des versements qui ont été effectués dans le barème de l'impôt sur le revenu.

Peut-on déduire les versements volontaires sur son PER de son revenu imposable, et donc payer, dans une certaine limite, moins d'impôts ? 

Pascal : Tout à fait. On va profiter du différentiel d'imposition entre le taux marginal d'imposition auquel on est assujetti durant notre période d'activité, et celui auquel on est assujetti après le départ à la retraite, qui est en principe plus faible. On reporte l'imposition à une période où l'on est moins fiscalisé.

Ce n'est toutefois pas le seul avantage. En effet, le fait de ne pas soumettre ce versement à l'impôt sur le revenu donne une capacité de placement plus importante pour l'épargnant, et donc une valorisation plus importante à hauteur de l'économie d'impôt, réinvestie dans le PER.

En tant que placement, que peut-on dire du traitement fiscal du PER ?

Pascal : On a vu l'avantage fiscal qu'offre la déduction de l'impôt sur le revenu des versements qui ont été effectués, plus précisément de ce différé d'imposition qui reporte l'imposition des versements lors du départ à la retraite.

Cette déductibilité se combine avec un avantage en tant que produit de placement financier. La plus-value des versements effectués sur le Plan d'épargne retraite (PER) est fiscalement tout aussi intéressante que les autres placements financiers mobiliers. En effet, la plus-value réalisée sur ces versements ne doit pas être intégrée dans le barème de l'impôt sur le revenu, mais est soumise, comme les autres produits de placement mobilier, à la flat tax, c'est à dire à un taux global de 30 % qui se décompose en 12,8 % de prélèvements fiscaux et 17,2 % de prélèvements sociaux. Soit un taux d'imposition plus faible que celui auquel on serait assujetti si on devait réintégrer cette plus-value dans le barème de l'impôt sur le revenu. Le PER est donc un produit de placement tout à fait concurrentiel au regard des autres produits de placement dans le traitement de sa plus-value. Et en plus, on bénéficie de la déduction fiscale à l'entrée.

L'assurance vie bénéficie-t-elle également d'une fiscalité avantageuse ?

Pascal : Oui, le PER et l'assurance vie sont 2 produits qui présentent chacun leurs propres avantages fiscaux. On a vu les différents avantages fiscaux au regard de l'impôt sur le revenu du PER.

Le contrat d'assurance vie quant à lui, présente au niveau fiscal ses propres avantages. Pour rappel, l'assurance vie épargne, bénéficie d'un avantage au regard de son traitement à l'impôt sur le revenu. L'assurance vie est, et comme l'ensemble des produits financiers mobiliers, soumis au traitement favorable de la flat tax. Toutefois, pour l'assurance vie, il s'agit d'une flat tax allégée.

En effet, lors de la mise en place de la flat tax, il a été décidé de donner un avantage fiscal aux contrats d'assurance vie. Ainsi, pour les produits qui correspondent aux premiers 150 000 € de versements, au-delà de 8 ans, le taux de la flat tax sera de 7,5 % au lieu de 12,8 %. En outre, les produits du contrat d'assurance vie, au-delà de 8 ans, bénéficient d'un abattement chaque année de 4 600 € ou 9 200 €, selon la situation personnelle de l'épargnant.

Par ailleurs, il faut rappeler l'avantage fiscal du contrat d'assurance vie en cas de décès, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, pour les capitaux qui correspondent aux primes qui ont été versées avant les 70 ans de l'assuré.

PER et assurance vie sont-ils complémentaires ?

Pascal : Oui, c'est exact. La diversité des produits est souvent la clé d'une bonne gestion patrimoniale. On va aller rechercher les avantages des différents produits placements. Cela conduit à investir souvent son patrimoine dans plusieurs produits.

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