À quel âge peut-on partir à la retraite ?

À quel âge peut-on partir à la retraite ?

62 ans : c’est l’âge légal de départ à la retraite pour les personnes nées à partir de 1955

Pour pouvoir prendre votre retraite, vous devez avoir atteint un âge minimum légal qui dépend de votre année de naissance et du régime auquel vous appartenez. En cas de carrière longue, dite pénible ou encore de handicap, Il est néanmoins possible de partir avant cet âge légal.

Par ailleurs, partir à l’âge légal ne garantit pas d’obtenir pour autant une pension de retraite à taux plein si vous n’avez pas tous les trimestres requis. Cette condition de trimestres est cependant levée dès lors que vous partez après 67ans, âge du taux plein automatique. Explications.

Les 3 âges légaux de départ à la retraite

La retraite à 62 ans

L'âge minimal pour partir à la retraite est de 62 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1955. Pour les générations précédentes, cet âge diffère en fonction de l'année de naissance, selon le tableau suivant :

Age minimum de départ à la retraite en fonction de la date de naissance :

Naissance Âge
< 01/07/1951 60 ans
01/07/1951 - 31/12/1951 60 ans et 4 mois
1952 60 ans et 9 mois
1953 61 ans et 2 mois
1954 61 ans et 7 mois
> = 1955 62 ans

 

Pour pouvoir percevoir une pension complète (c'est-à-dire à taux plein), il faut avoir cotisé un certain nombre de trimestres (voir plus bas).

Si vous remplissez ces 2 conditions (d'âge et de durée de cotisation), vous pouvez percevoir à la fois :

  • votre retraite de base à taux plein ;
  • votre retraite complémentaire sans minoration.

Entre 62 et 67 ans, vous pouvez partir à la retraite même si vous n'avez pas cotisé le nombre de trimestres nécessaires, mais votre pension sera alors réduite : une décote sera appliquée à votre pension lors du calcul.

Depuis la réforme de 2014, les personnes atteintes d'une incapacité permanente au moins égale à 50 % peuvent partir à la retraite à 62 ans sans subir de décote (même si leur pension reste calculée au prorata du nombre de trimestres validés).

Il existe certains cas de départ anticipé :

Les âges légaux varient selon les régimes :

  • Pour les salariés et les non-salariés du secteur privé, l'âge d'ouverture des droits à la retraite est fixé à 62 ans.
  • Dans la fonction publique, l'âge d'ouverture des droits à la retraite est variable. Il est de 62 ans pour les agents des catégories « sédentaires » (métiers de bureau), qui sont mis d'office à la retraite à 67 ans, et de 52 ou 57 ans pour les agents des catégories « actives » (métiers de terrain pénibles ou dangereux), qui sont mis d'office à la retraite à 57 ou 62 ans.
  • Dans les régimes spéciaux, l'âge d'ouverture des droits est variable (de 40 à 60 ans) et diffère selon le métier exercé et l'ancienneté. Depuis la réforme de 2008, la plupart des régimes ont été alignés sur 60 ans. Avec la réforme de novembre 2010, ces différents âges ont augmenté de 2 années, depuis 2017, à raison de 4 mois par an.

La retraite à 67 ans

À 67 ans, un salarié qui n'a pas cotisé le nombre de trimestres nécessaire pourra partir à la retraite sans pénalité de minoration (décote). Néanmoins, sa pension sera calculée au prorata du nombre de trimestres cotisés.

Cet âge varie néanmoins suivant l'année de naissance :

Date de naissance Âge de départ en retraite à taux plein
Avant le 1er juillet 1951 65 ans
Du 1er juillet au 31 décembre 1951 65 ans et 4 mois
Année 1952 65 ans et 9 mois
Année 1953 66 ans et 2 mois
Année 1954 66 ans et 7 mois
Année 1955 67 ans

C'est également à cet âge qu'un salarié peut percevoir sa retraite complémentaireRégime de retraite complémentaire<p>Régime de retraite dont les prestations s'ajoutent à celles du régime de base (ex : régime Agirc-Arrco pour les salariés cadres et non-cadres, régime Ircantec pour les agents non titulaires de l'État et des collectivités publiques, etc.).</p> à taux plein, même s'il n'a pas cotisé le nombre de trimestres requis pour la retraite de base.

Pour certaines catégories de personnes, cet âge reste fixé à 65 ans :

  • Les parents de 3 enfants nés entre le 1er juillet 1951 et le 31 décembre 1955, ayant interrompu ou réduit leur activité professionnelle pour élever au moins l'un d'eux pendant l'équivalent d'au moins 1 an au cours de ses 3 premières années, à condition d'avoir cotisé au préalable au moins 8 trimestres ;
  • Les parents d'un enfant handicapé qui s'en sont occupés pendant au moins 30 mois ;
  • Les aidants familiaux ayant interrompu leur activité professionnelle à ce titre pendant au moins 30 mois consécutifs.

La retraite à 70 ans

Si un salarié a 70 ans ou plus, son employeur peut le mettre à la retraite d'office. Dans ce cas, la procédure est simple : il doit lui adresser le préavis légal, comme dans le cas d'un licenciement. L'indemnité de mise à la retraite est égale à l'indemnité versée en cas de licenciement.

Avant 70 ans, si l'employeur veut mettre un salarié à la retraite, 2 conditions doivent être remplies :

  • Le salarié doit avoir atteint l'âge légal de départ à la retraite ;
  • Le salarié doit donner son accord.

Les délais dans ce cas sont semblables à ceux d'un licenciement : 3 mois avant son anniversaire, l'employeur doit lui adresser un préavis lui demandant s'il est d'accord pour une mise à la retraite. Si celui-ci accepte, l'employeur n'a plus qu'à procéder à la mise effective à la retraite.

En revanche, s'il refuse, l'employeur ne peut qu'attendre. Chaque année, toujours 3 mois avant son anniversaire, il pourra lui adresser la même demande, jusqu'à l'âge de 70 ans, où son accord ne sera plus nécessaire. Le salarié, pour sa part, a un délai d'1 mois pour répondre aux demandes de l'employeur.

Si la procédure de mise à la retraite n'a pas été respectée, la fin du contrat de travail est requalifiée en licenciement. C'est donc cette procédure qui s'applique, avec le versement de l'indemnité correspondante.

Trimestre : calcul de la pension de retraite

Pour partir à la retraite, vous devez justifier, tous régimes de base confondus, d'une durée d'assurance minimale. Cette durée d'assurance est déterminée en fonction des périodes (calculées en trimestres) pendant lesquelles l'assuré a cotisé au régime général de Sécurité sociale, mais aussi à d'autres régimes obligatoires (en tant que commerçant ou artisan par exemple).

Attention : pour valider un trimestre, quelle que soit la durée de travail accomplie, il faut avoir cotisé sur une rémunération égale à un montant minimum.

Ce montant s'élevait jusqu'en 2014 à 200 fois le Smic horaire au 1er janvier de l'année concernée.

Depuis le 1er janvier 2014, ce montant minimum a été abaissé à 150 fois le Smic horaire. Peu importe que cette somme ait été gagnée en CDD, en CDI, en intérim... Toute forme de salaire soumis à cotisation au régime général.

Désormais, il faut avoir gagné, en 2019, au moins :

  • 1 504,50 € pour valider 1 trimestre
  • 3 009 € pour valider 2 trimestres
  • 4 513,50 € pour valider 3 trimestres
  • 6 018 € pour valider 4 trimestres

 

Attention cependant : votre rémunération est prise en compte, pour chaque période de travail, dans la limite du Plafond de la Sécurité sociale. Par exemple, si vous avez gagné 6 000 € en janvier 2018, on ne retiendra que le Plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 3 377 € en 2019. Si vous ne travaillez plus le restant de l'année, vous aurez donc validé 2 trimestres en un mois... mais pas 4 !

Certaines périodes pendant lesquelles on ne cotise pas peuvent être néanmoins validées parmi les trimestres comptés pour ouvrir droit à la retraite : les périodes de chômage, d'arrêt maladie, de congé parental, du service militaire... Les enfants donnent en outre droit à des trimestres supplémentaires.

Les conditions de durée d'assurance sont liées à votre année de naissance : les réformes récentes ont allongé progressivement le nombre de trimestres requis.

Depuis 2008, la durée d'assurance nécessaire pour percevoir le taux plein est alignée entre secteurs privé et public.

Année de naissance Nombre
de trimestres cotisés
Âge de départ
 1948 ou avant 160 trimestres 60 ans
 1949 161 trimestres 60 ans
 1950 162 trimestres 60 ans
 Avant le 1er juillet 1951 163 trimestres 60 ans
Entre le 1er juillet et
 le 31 décembre 1951
163 trimestres 60 ans et 4 mois
 1952 164 trimestres 60 ans et 9 mois
 1953 165 trimestres 61 ans et 2 mois
 1954 165 trimestres 61 ans et 7 mois
 1955 - 1957 166 trimestres 62 ans
1958 / 1960 167 trimestres 62 ans
 1961 / 1963 168 trimestres 62 ans
 1964 / 1966 169 trimestres 62 ans
 1967 / 1969 170 trimestres 62 ans
 1970 / 1972 171 trimestres 62 ans
 A partir de 1973 172 trimestres 62 ans
 

Ce qu'il faut retenir sur l'âge de départ à la retraite

Si vous êtes né à partir de 1955, vous pouvez partir à la retraite à 62 ans (âge légal), sauf possibilités de départ anticipé (carrière longue, pénibilité, handicap).

Mais pour bénéficier d'une retraite complète (taux plein), vous devez valider un nombre minimal de trimestres (de 160 à 172 selon votre année de naissance).

À partir de 67 ans, vous pouvez partir à la retraite avec un taux plein si vous n'avez pas validé suffisamment de trimestres.

À partir de 70 ans votre employeur peut vous mettre à la retraite d'office, sans votre accord.

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