La retraite en Espagne

La retraite en Espagne

Le système de retraite espagnol est l'un des plus généreux d'Europe. Il comprend un système public de retraite de base par répartition - qui verse une pension unique calculée sur la base de la rémunération - et un système privé complémentaire par capitalisation. Le sujet des retraites fait régulièrement l'objet d'un grand débat national, organisé par le Pacte de Tolède. Le point sur le système espagnol.

Règles générales

Le système de retraite espagnol

Le système public de retraite de base, par répartition, est composé de :

  • un régime général pour les salariés ;
  • un régime pour les non-salariés, dont les règles sont très proches ;
  • quelques régimes spécifiques à certaines professions.

Il comporte une prestation unique liée à la rémunération de chaque actif avec une retraite minimum soumise à conditions de ressources.

Le système privé complémentaire, indépendant de celui de la Sécurité sociale, comprend les assurances vie et les fonds et plans de pension. Ces derniers sont contractés volontairement par les actifs et bénéficient d'avantages fiscaux.

Les cotisations

Le régime des salariés est financé par des cotisationsCotisation retraite<p>Somme prélevée sur les salaires et/ou les revenus professionnels afin de financer les retraites.</p> obligatoires, qui s'élèvent à 28,30 % (dont 4,70 % à la charge du salarié et 23,60 % à la charge de l'employeur). Cette contribution couvre non seulement l'assurance vieillesse, mais aussi l'invalidité, l'assurance survivants et une partie de l'assurance maladie-maternité.

Le régime des non-salariés est financé par des cotisations versées par les assurés, à hauteur de 29,80 % (toutes assurances sociales confondues), ou 26,50 % si l'assuré choisit de ne pas prendre l'assurance incapacité temporaire.

Dans les 2 cas, les cotisations ne sont prélevées que sous un plafond de revenu qui s'élève à 4 070,10 € par mois en 2019*.

*Source : http://www.seg-social.es/wps/portal/wss/internet/Trabajadores/CotizacionRecaudacionTrabajadores/36537

Les conditions d'âge et de durée d'assurance

Pour pouvoir partir à la retraite et recevoir la pension maximale, le salarié comme le non-salarié doit avoir cotisé au moins 15 années (dont au moins 2 dans les 15 dernières années), et atteint :

  • 65 ans et 8 mois en 2019 ;
  • puis 2 mois de plus chaque année jusqu'à 2027, où l'âge de la retraite s'établira à 67 ans.

Pour les salariés, cet âge est abaissé à 65 ans pour les assurés qui ont cotisé au moins 36 ans et 9 mois en 2019. Cette durée de cotisation va augmenter de 3 mois chaque année, pour se fixer à 38 ans et 6 mois en 2027.

Il leur est également possible de partir 4 ans avant l'âge légal en cas de chômage involontaire, 2 ans plus tôt en cas de chômage volontaire, sous certaines conditions de durée de cotisation, avec une décoteDécote<p>Réduction définitive appliquée au montant de la pension d'un assuré. Elle s'applique lorsque l'assuré choisit de partir à la retraite alors qu'il n'a pas atteint la durée de cotisation requise pour percevoir une retraite à taux plein.</p> .

Les revenus des retraités

Le calcul de la pension de retraite

En 2019, la pension des salariés et des non-salariés se calcule sur la base d'environ 85,7 % de la moyenne des 20 dernières années (alors que le taux plein du régime général en France n'est que de 50 % du Salaire annuel moyenSalaire annuel moyen (SAM)<p>Salaire de référence servant de base au calcul de la retraite de base dans les régimes des salariés. Ce montant correspond à la moyenne des salaires des 25 meilleures années d'activité, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.</p> ).

Selon l'année de départ à la retraite, le quotient applicable à la base de calcul diffère : 

Nombre de mois compté / diviseur = quotient

En 2019, il est de 264/308 puisqu'on retiendra les 22 dernières années de salaire.

Les mois antérieurs sont revalorisés en fonction de l'évolution des prix.

Cependant, ce quotient se stabilisera pour monter progressivement à 300 / 350 (25 années comptabilisées).

La pensionPension de retraite<p>Somme versée périodiquement à un assuré après la liquidation de sa retraite, après cessation totale ou partielle de l'activité professionnelle.</p> s'élève à 100 % de cette base à condition d'avoir cotisé 35 années. En dessous de cette durée, la pension est diminuée de 0,18 % par mois les 4 premières années manquantes, puis de 0,19 % par mois, jusqu'à 50 % pour 15 ans de cotisation.

Si l'assuré continue à travailler après l'âge de la retraite, on applique une surcoteSurcote<p>Majoration appliquée au montant de la pension d'un assuré ayant atteint l'âge légal de départ en retraite et qui a continué à travailler au-delà de la durée d'assurance nécessaire pour bénéficier d'une retraite à taux plein.</p> (2 % par an s'il a moins de 25 ans de cotisations, 2,75 % de 25 à 35 ans, 4 % au-delà de 35 ans de cotisations).

Il existe un montant maximum (2 659,41€ par mois en 2019) et un montant minimum qui varie suivant la situation familiale.

À noter : le cumul emploi-retraiteCumul emploi-retraite<p>Possibilité pour une personne, sous conditions, de cumuler une pension de retraite avec le revenu d'un emploi.</p> n'est pas possible pour les salariés et non-salariés. Un retraité qui reprend une activité dans un domaine couvert par un régime de sécurité sociale voit sa pension suspendue pendant le temps qu'il travaille.

La pension de réversion

En cas de décès de l'assuré, le régime espagnol (salarié et non-salarié) prévoit une pension de réversionPension de réversion<p>Attribution, sous certaines conditions, au conjoint d'un assuré décédé (avant ou après son départ en retraite) d'une partie de sa pension de retraite. La pension de réversion est fonction des ressources du conjoint survivant dans le régime général des salariés et les régimes alignés.</p> pour le conjoint survivant. Celle-ci est égale à 52 % de la base de calcul de la retraite du défunt (ou 70 % sous certaines conditions, notamment de revenu). Elle est augmentée pour les veuves en fonction du nombre d'enfants (si le décès est survenu depuis le 1er janvier 2016). En 2018, le montant minimum annuel que pouvait recevoir le conjoint survivant était de :

  • 9 196,60 € s'il était âgé de plus de 65 ans ou si son taux d'incapacité était égal ou supérieur à 65 % ;
  • 8 603 € pour le conjoint survivant entre 60 et 64 ans ;
  • 6 966,40 € pour le conjoint survivant de moins de 60 ans ;
  • 10 638,60 € pour celui avec charge familiale.

La réversion est versée sous certaines conditions de durée de l'union et/ou d'existence d'enfants nés du mariage. En outre, le défunt doit avoir cotisé au moins 500 jours dans les 5 années précédant son décès. S'il était en activité, la base de calcul est établie sur la base de 24 mois consécutifs à choisir dans les 15 dernières années de revenu.

La pension de réversion est supprimée en cas de remariage, sauf sous certaines conditions très restrictives.

Si le conjoint survivant ne remplit pas les conditions (durée du mariage, nombre d'enfants), il ou elle peut avoir droit à une pension temporaire de veuvage, calculée comme la pension de réversion mais limitée à 2 ans.

Il existe également une pension d'orphelin, égale à 20 % de la base de calcul.

Ce qu'il faut retenir sur la retraite en Espagne

Le système de retraite en Espagne est un régime par répartition.

Pour toucher sa pension maximale, il faut avoir entre 65 et 67 ans et avoir cotisé au moins 35 ans. Les travailleurs ayant cotisé moins de 15 ans ne peuvent pas percevoir de pension de retraite.

Son montant est calculé sur la base d'environ 85,7 % de la moyenne des 20 dernières années.

Le conjoint survivant perçoit une pension de réversion égale à 52 % de la pension de retraite du défunt.

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