La retraite en Belgique

La retraite en Belgique

65 ans

est l'âge légal de départ à la retraite en Belgique

Le système de retraite belge repose sur la théorie des 3 piliers. Le 1er pilier regroupe l'ensemble des pensions légales versées par la Sécurité sociale. Le 2e pilier comprend les pensions complémentaires financées directement par les employeurs dans le cadre de cotisations extra-légales. Le 3e pilier est constitué de « l'épargne-pension individuelle » qui n'est autre que l'épargne personnelle constituée en vue de la retraite. Présentation.

Règles générales

Le système de retraite belge

Le système de retraite belge est un système par répartitionRépartition (retraite par)<p>Mode de gestion technique des systèmes de retraite fondé sur la solidarité entre générations : les cotisations des actifs au titre de l'assurance vieillesse servent immédiatement à payer les pensions des retraités.</p> .

Il se compose de 3 régimes distincts :

  • un régime pour les travailleurs du secteur privé,
  • un régime pour les travailleurs non-salariés,
  • un régime pour les fonctionnaires.

Ces régimes sont regroupés au sein de l'Office national des pensions (ONP).

À noter : le présent article est relatif aux pensions des travailleurs du secteur privé (les non-salariés et les fonctionnaires font l'objet de règles spécifiques).

Les cotisations

Les cotisations retraite sont prélevées sur l'ensemble de la rémunération brute, à hauteur de 16,36 % en 2019 (dont 7,50 % de part salariale et 8,86 % de part patronale).

À noter : en Belgique il existe un régime de vacances du secteur privé. Pour les travailleurs qui en relèvent, les cotisations sont calculées sur la rémunération brute majorée de 8 % (cette hausse vise à financer la « caisse de vacances » qui paie les congés du travailleur à la place de son employeur).

Les conditions d'âge et de durée d'assurance

Pour prendre sa retraite à taux pleinTaux plein<p>Taux maximum de calcul d'une retraite dont peut bénéficier l'assuré dans tous les régimes. Pour prétendre à une pension de retraite à taux plein, il faut remplir des conditions d'âge et de durée d'assurance.</p> dans le régime belge, il faut avoir cotisé au moins 45 ans (ou 180 trimestres, contre 160 à 172 en France) et atteint l'âge de 65 ans (contre 60 à 62 en France). Cet âge légalÂge légal de départ à la retraite<p>Âge à partir duquel une personne peut demander à prendre sa retraite. En France, il est de 62 ans pour les assurés nés à partir de 1955.</p> sera progressivement augmenté à 66 ans en 2025 et 67 ans en 2030.

En 2019, l'âge de départ anticipé à la retraite a été réévalué à 63 ans à condition d'avoir cotisé pendant 42 ans. Une exception est faite pour les carrières longues. Dans ce cas-là, un assuré peut prendre sa retraite anticipée à 61 ans si il justifie d'avoir cotisé pendant 43 ans (ou 60 ans s'il justifie d'avoir cotisé pendant 44 ans).

Pour certaines catégories de travailleurs telles que les marins, les mineurs et le personnel naviguant de l'aviation civile, l'âge minimum est plus bas.

Les revenus des retraités

Le calcul de la pension de retraite

La rémunération totale correspond à la somme des montants de rémunération de chaque année de carrière. Elle est multipliée par un coefficient de réévaluation visant à compenser la hausse du coût de la vie. Ce total est ensuite divisé par 45 (soit le nombre d'années correspondant à une carrière complète).

Le résultat obtenu est enfin multiplié par un pourcentage correspondant à la situation familiale, soit :

  • 60 % taux isolé ») si le pensionné n'est pas marié ou qu'il l'est mais que le cumul des pensions au taux isolé des 2 conjoints est plus avantageux qu'une pension au taux couple,
  • 75 % taux couple ») si le pensionné est marié et que le montant cumulé de sa pension et celle de son conjoint, calculés au taux isolé, serait inférieur à celui du taux couple.

Par ailleurs, la pension au taux couple (75 %) ne peut être attribuée au pensionné que si son conjoint :

  • ne travaille pas au-delà des limites autorisées ;
  • ne perçoit aucune pension de retraite, de survie ou une allocation équivalente ;
  • ne perçoit aucun revenu de remplacement (chômage, maladie ou invalidité) ;
  • ne perçoit aucune prime pour un crédit-temps, une interruption de carrière ou une réduction des prestations ;
  • perçoit une pension dont le montant est plus faible que la différence entre le montant de la pension au taux couple et de la pension au taux d'isolé du pensionné.

Pension annuelle = (Rémunération totale x Coefficient de réévaluation) / 45
x «
 situation familiale » (60 % ou 75 %)

Le minimum vieillesse

En cas de cotisations insuffisantes, une retraite plancher (« Garantie de revenus aux personnes âgées » ou Grapa) assure un minimum de ressources aux retraités belges. Son montant est de 754,57 €, majoréMajoration<p>Avantage supplémentaire en matière de retraite lié à la situation personnelle de la personne (ex : majoration de la pension de retraite pour enfants).</p> de 50 % si le retraité vit seul, dans une maison de repos ou dans un établissement de soins.

Le cumul emploi-retraite

Si l'assuré a 65 ans ou qu'il justifie de 45 ans de carrière, le cumul d'un revenu d'activité avec une pension de retraite est possible sans limitation.

S'il ne remplit aucune de ces 2 conditions, le montant des revenus issus de cette activité sera soumis à un plafond, qui tiendra compte de son âge et de multiples paramètres :

  • l'année au cours de laquelle l'activité professionnelle a été exercée (les plafonds sont revus chaque année) ;
  • la nature de l'activité professionnelle exercée (salarié, indépendant...) ;
  • le fait que le conjoint perçoive une pension au taux ménage ;
  • l'éventuelle charge de famille ;
  • le type de pension.

Le montant exact du plafond selon la situation peut être trouvé sur le site du Service fédéral des Pensions.

En cas de dépassement de ce plafond, la pension sera réduite au prorata. Ainsi, si les revenus dépassent le plafond de 35 %, 35 % du montant de pension global devront être remboursés l'année suivante. Cela signifie qu'à partir de 100 % de dépassement, la pension sera suspendue l'année suivante.

L'allocation de transition et l'allocation de survie (réversion)

Le système belge prévoit 2 types d'allocation de réversionPension de réversion<p>Attribution, sous certaines conditions, au conjoint d'un assuré décédé (avant ou après son départ en retraite) d'une partie de sa pension de retraite. La pension de réversion est fonction des ressources du conjoint survivant dans le régime général des salariés et les régimes alignés.</p> en fonction de l'âge du conjoint survivant : l'allocation de transition et l'allocation de survie.

L'allocation de transition, d'une durée de 12 mois, ou 24 mois en cas d'enfant(s), est réservée, sous conditions, au conjoint survivant de moins de 47 ans (2019). Cet âge minimal est progressivement augmenté de 6 mois par an pour atteindre 50 ans en 2025.

Une fois cette allocation de transition versée, ce ne sera qu'à l'âge légal de la retraite ou de la retraite anticipée que le conjoint du défunt pourra prétendre à l'allocation de survie, qui sera, elle, versée sans limitation de durée.

Si le conjoint décédé n'était pas pensionné, son montant est calculé sur le même principe qu'une pension de retraite.

Si le conjoint décédé était pensionné, le montant de l'allocation de survie est égal à 80 % du montant de la pension de retraite du défunt calculée au taux de ménage ou à l'intégralité d'une pension de personne isolée.

La pension de conjoint divorcé

Le conjoint divorcé peut bénéficier de la pension de retraite de son ex-conjoint décédé, en plus de sa propre pension de retraite, dès lors qu'il remplit l'ensemble des conditions suivantes :

  • avoir 65 ans ou une carrière suffisamment longue pour prendre sa pension de manière anticipée ;
  • ne pas être déchu de l'autorité parentale ;
  • ne pas avoir été condamné pour atteinte à la vie de son conjoint ;
  • ne pas être remarié.

Le calcul de la pension de retraite reversée au conjoint divorcé se fait de la même manière que celui de la pension de retraite ordinaire.

Le système belge prévoit un plafond d'attribution de la pension de retraite au conjoint divorcé sur la base d'Équivalents journaliers à temps plein (ETP). Ainsi, le cumul de la pension de retraite en tant que conjoint divorcé et de la pension de retraite personnelle est limité à 14 040 ETP. La pension la plus avantageuse est toujours retenue en priorité.

À noter : ne seront pas retenues dans ce calcul les années civiles comprenant des périodes pendant lesquelles le conjoint divorcé a bénéficié d'une pension de retraite personnelle dans un autre régime de pension belge ou étranger.

Le régime applicable à la pension de retraite du conjoint divorcé lui donne droit à :

  • toucher un pécule de vacances ;
  • cumuler cette pension avec la pension de reversement issue d'un autre mariage ;
  • cumuler les pensions de retraite comme conjoint divorcé, en cas de divorces successifs.

Ce qu'il faut retenir sur la retraite en Belgique

Les cotisations retraite sont de 16,36 % (dont 7,50 % pour le salarié et 8,86 % pour l'employeur) sur l'ensemble de la rémunération (majorée de 8 % pour ceux qui relèvent du « régime de vacances »).

La retraite à taux plein peut être obtenue à partir de 65 ans, à partir de 45 années de cotisation.

La pension annuelle correspond à l'ensemble des rémunérations perçues pendant la carrière, divisé par 45 et revalorisé par un coefficient de réévaluation. S'y applique un pourcentage (60 % ou 75 % selon sa situation familiale).

Il existe un minimum vieillesse de 754,57 €, majoré de 50 % si le retraité vit seul.

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