L'impact du montant de mes revenus et du nombre de trimestres sur ma retraite

L'impact du montant de mes revenus et du nombre de trimestres sur ma retraite

Au régime général et dans les régimes alignés (salariés agricoles, Sécurité sociale des indépendants), la pension de retraite que vous toucherez sera d'autant plus importante que vous aurez cotisé longtemps et sur des sommes importantes. Mais ces 2 paramètres – trimestres et revenus – affectent la pension de différentes manières suivant les régimes (base ou complémentaire), le niveau de salaire, la durée d'assurance de référence, l'âge, etc. Explications.

Les effets des revenus et des trimestres cotisés sur la retraite de base

Dans le régime général des salariés du privé, le régime des artisans, commerçants et industriels, la pension de retraite se calcule de la même façon : à taux pleinTaux plein<p>Taux maximum de calcul d'une retraite dont peut bénéficier l'assuré dans tous les régimes. Pour prétendre à une pension de retraite à taux plein, il faut remplir des conditions d'âge et de durée d'assurance.</p> , elle s'élève à 50 % de la moyenne des 25 meilleures années de revenu.

Pour bénéficier d'une pension complète, il faut avoir au moins 62 ans et tous ses trimestres.

En fonction du nombre de trimestres validés

Si vous avez validé, tous régimes confondus, moins de trimestres que la durée d'assurance requise (entre 160 et 172 selon votre année de naissance) et que vous prenez votre retraiteLiquidation de la retraite<p>Lorsqu'un assuré souhaite partir à la retraite, il doit demander la liquidation de ses droits, c'est-à-dire faire valoir ses droits pour déclencher la mise en paiement de sa pension de retraite.</p> avant 67 ans, votre retraite de base est réduite de 2 façons.

D'abord, elle est calculée au prorata du nombre de trimestres que vous avez validés : c'est ce qu'on appelle la proratisationCoefficient de proratisation<p>Taux de réduction de la pension de retraite quand l'assuré n'a pas validé une carrière complète dans un régime de retraite, c'est-à-dire lorsque l'assuré n'a pas validé un nombre de trimestres égal à la durée d'assurance requise.</p> . Par exemple, si vous avez validé 150 trimestres alors qu'il vous en fallait 166, votre pension est multipliée par (150/166) ; autrement dit, elle est réduite à 90,4 %.

Ensuite, elle subit une décote, c'est-à-dire qu'elle est réduite de 1,25 % par trimestre manquant (dans la limite de 20). Pour calculer le nombre de trimestres manquants, on compare le nombre de trimestres nécessaires pour compléter votre durée d'assurance et le nombre de trimestres qui vous sépare de vos 67 ans : on retient le nombre le plus petit, et donc le plus avantageux pour vous. Par exemple, s'il vous manque 7 trimestres pour atteindre 67 ans, et 10 trimestres pour atteindre votre durée d'assurance requiseDurée d'assurance requise<p>Aussi appelée «<span class="nbsp"> </span>durée minimale d'assurance<span class="nbsp"> </span>», il s'agit de la durée de cotisation légale, calculée en trimestres et tous régimes confondus, nécessaire pour percevoir une pension de retraite à taux plein.</p> , on retiendra 7 trimestres manquants. Votre pension sera réduite de 7 x 1,25 %, soit 8,75 %.

Si vous avez validé, tous régimes confondus, moins de trimestres que la durée d'assurance requise, mais que vous prenez votre retraite à 67 ans ou plus (ou entre 65 et 67 ans si vous êtes né avant 1955), votre pension subira toujours la proratisation, mais plus de décote.

Si vous avez cotisé à plusieurs régimes (polypensionné) :

Vous pouvez avoir validé, dans un régime seulement, moins de trimestres que la durée d'assurance requise, tout en ayant validé, tous régimes confondus, tous vos trimestres.

Dans ce cas, votre pension de retraite de ce régime sera calculée au prorata du nombre de trimestres validés. Par exemple, si vous avez validé 120 trimestres au régime général et 45 à la SSI et que votre durée d'assurance requise est de 165 trimestres, votre pension de base au régime général sera « proratisée » à (120/165), mais elle ne subira aucune décote. Vous percevrez, pour l'ensemble des autres régimes de retraite dont vous avez dépendu et de la même manière, des pensions proratisées, mais sans décote.

Si vous n'avez pas validé, tous régimes confondus, tous vos trimestres, la décote s'appliquera par contre de la même manière et pour toutes vos pensions en plus de la proratisation.

En fonction du montant de vos revenus

Votre pension est calculée à partir d'un salaire de référence dit « Salaire annuel moyenSalaire annuel moyen (SAM)<p>Salaire de référence servant de base au calcul de la retraite de base dans les régimes des salariés. Ce montant correspond à la moyenne des salaires des 25 meilleures années d'activité, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.</p> » (ou « revenu annuel moyen » pour les indépendants).

Le Salaire annuel moyen (SAM) représente la moyenne des 25 meilleures années de salaire. Mais pour faire cette moyenne, on ne prend pas le salaire de chaque année tel quel. On lui applique un coefficient de revalorisation, qui tient compte de l'évolution des prix. Votre salaire perçu en 1985, par exemple, sera converti en euros et multiplié par un coefficient qui permettra de le revaloriser à la date à laquelle vous prendrez votre retraite.

Par ailleurs, on ne prend en compte que la partie de votre salaire qui est inférieure ou égale au « Plafond de la Sécurité sociale ». Ce montant est revalorisé chaque année.

 

Pour y voir plus clair, il vous suffit de demander, en ligne, votre relevé de carrièreRelevé de carrière<p>Document reprenant tous les droits acquis à la retraite au cours de la carrière professionnelle d'un assuré : les activités professionnelles exercées (même occasionnelles), les revenus d'activité ayant donné lieu à cotisation vieillesse, et le nombre de trimestres validés pour chaque régime.</p> à l'Assurance Vieillesse. Vous y trouverez la liste de vos salaires annuels revalorisés depuis le début de votre vie professionnelle en tant que salarié.

Comment les revenus et le nombre de trimestres cotisés influencent la retraite complémentaire ?

Le calcul de la pension est plus simple dans les régimes complémentaires, qui sont des régime par pointsRégime de retraite par points<p>Régime dans lequel le montant de la retraite est calculé en points. Le nombre de points acquis est fonction des cotisations de l'assuré, et le montant de la retraite se calcule en multipliant le nombre de points acquis par la valeur du point.</p>  : il suffit de multiplier le nombre de points acquis au cours de la carrière par la valeur du point à la date de la liquidation.

Nombre de trimestres cotisés et retraite complémentaire

Si vous liquidez votre pension de retraite de base à taux réduit (avant 67 ans, sans avoir validé tous vos trimestres, tous régimes confondus), votre pension complémentaire sera affectée d'une décote, en fonction (comme pour le régime de base) du nombre de trimestres manquants. En revanche, aucune proratisation ne s'appliquera.

À noter : les pourcentages de décote de votre retraite complémentaire sont différents de ceux de votre retraite de base et varient selon le nombre de trimestres manquants. Ces pourcentages sont accessibles sur le site de l'Agirc-Arrco.

Attention : depuis le 1er janvier 2019 et même si vous liquidez votre pension de retraite de base à taux plein, votre pension complémentaire peut être réduite depuis l'introduction du « bonus/malus ».

Si vous demandez votre retraite complémentaire à la date à laquelle vous bénéficiez du taux plein au régime de base, une minorationMinoration<p>Baisse du montant versé à la retraite lorsque l'assuré ne réunit pas l'ensemble des conditions requises pour bénéficier du taux plein.</p> de 10 % s'appliquera à la pension complémentaire pendant 3 ans (ou jusqu'à vos 67 ans si vous les atteignez avant).

Ce malus est annulé si vous demandez votre retraite complémentaire 1 an après la date à laquelle vous bénéficiez du taux plein au régime de base. Vous pouvez même bénéficier d'une majorationMajoration<p>Avantage supplémentaire en matière de retraite lié à la situation personnelle de la personne (ex : majoration de la pension de retraite pour enfants).</p> de votre retraite complémentaire pendant 1 an de :

  • 10 % si vous décalez la liquidation de votre retraite complémentaire de 2 ans ;
  • 20 % si vous la décalez de 3 ans ;
  • 30 % si vous la décalez de 4 ans.

Niveau de revenu et retraite complémentaire

Dans les régimes complémentaires, plus votre revenu est élevé, plus vous cotisez. Cela vous apporte plus de points, et donc une pension complémentaire plus élevée.

La seule limite est celle du plafond de cotisation le plus élevé. À l'Agirc-Arrco, ce plafond est de 8 fois le Plafond de la Sécurité socialePSS ou Plafond de la Sécurité sociale<p>Montant de référence qui sert à calculer certaines cotisations sociales, le montant maximal de certaines prestations sociales et les plafonds d'exonération de primes d'assurance à des contrats de retraite ou de prévoyance. Son montant est revalorisé tous les ans suivant l'évolution des salaires.</p> (soit 27 016 € par mois en 2019). À la SSI, il est de 4 fois ce plafond (soit 13 508 € par mois en 2019). Au-delà de ces montants, l'augmentation de votre revenu ne se traduit par aucune augmentation de cotisations, et donc de pension complémentaire.

En quoi poursuivre votre activité augmente votre pension ?

Si vous avez moins de 67 ans

Pour compléter tous les trimestres :

Chaque trimestres validésTrimestre validé<p>Trimestre cotisé ou assimilé, pris en compte pour le calcul de la durée d'assurance.</p> supplémentaire augmente vos pensions de plusieurs façons :

  • en réduisant l'effet de la « proratisation » (pour la pension de base) ;
  • en réduisant l'effet de la décote (pour les pensions de base et complémentaire).

En outre, les périodes de travail supplémentaires sont susceptibles d'augmenter la base de calcul de votre pension. Pour la pension de base, chaque trimestre cotiséTrimestre cotisé<p>Trimestre ayant donné lieu à versement de cotisations, calculées sur les revenus d'activité.</p> ou chaque trimestre de maternité supplémentaire peut accroître votre future retraite de base, en augmentant votre « Salaire annuel moyen » (si l'année en cours compte dans les 25 meilleures). Les trimestres assimilés (hors maternité), en revanche, n'influent pas sur ce montant.

Pour la pension complémentaire, chaque trimestre cotisé et une partie des trimestres assimilés (chômage indemnisé, maladie, accident du travail, invalidité) supplémentaires accroissent votre future retraite en augmentant votre nombre de pointsPoint de retraite<p>Les cotisations d'un assuré lui permettent d'acquérir des points retraite dans certains régimes, comme le régime complémentaire Agirc-Arrco. Le montant de sa retraite est égal au total des points acquis pendant sa vie professionnelle, multipliée par la valeur du point lors de son départ en retraite.</p> . Les trimestres de chômage non indemnisé ou de parents au foyer, même validés par le régime de base, ne donnent droit à aucun point et n'augmentent donc pas la retraite complémentaire.

Les trimestres déjà tous validés :

Les trimestres validés au-delà de votre durée d'assurance requise n'améliorent pas la proratisation. Si vous avez validé 170 trimestres et qu'il vous en fallait 166, on ne multiplie pas votre pension par (170/166) !

En revanche, si vous avez plus de 62 ans, chaque trimestre cotisé supplémentaire vous donne droit à une surcote, c'est-à-dire une augmentation de votre pension de base de 1,25 %.

En outre, les trimestres validés supplémentaires vous donnent bien droit à des points de retraite complémentaire (sauf certains trimestres assimilés) et peuvent augmenter votre pension de base si l'année pendant laquelle vous cotisez figure parmi vos 25 meilleures années.

Si vous avez plus de 67 ans

Pour compléter le nombre de trimestres cotisés :

Si vous continuez de valider des trimestres, vous ne bénéficiez pas de la surcote. En revanche, le rythme de validation de trimestres s'accélère après 67 ans : pour chaque nouveau trimestre validé, votre durée d'assurance est augmentée de 2,5 %. Vous pouvez donc compléter rapidement votre durée d'assurance.

Exemple : si vous prenez votre retraite à 70 ans avec 120 trimestres, cela signifie que vous avez validé 3 années (12 trimestres) après vos 67 ans ; votre durée d'assurance est augmentée de 2,5 x 12 = 30 % de 120, soit 36 trimestres supplémentaires ; soit 156 trimestres au total au lieu de 120. Ce calcul ne peut cependant pas porter votre nombre de trimestre au-delà de votre durée d'assurance requise.

Attention : ce mécanisme n'est pas le même que celui de la surcote, qui s'applique aux trimestres travaillés au-delà de la durée d'assurance requise et après 62 ans. Les 2 ne peuvent pas se cumuler.

Les trimestres sont déjà tous validés :

Vous êtes dans la même situation qu'avant 67 ans : chaque trimestre supplémentaire vous donne droit à une surcote de 1,25 % et vous permet d'accroître votre nombre de points de retraite complémentaire et potentiellement votre Salaire annuel moyen.

Ce qu'il faut retenir sur l'impact du montant de mes revenus et du nombre de trimestres sur ma retraite

Pour la retraite de base, si vous ne remplissez pas les conditions pour bénéficier d'une retraite à taux plein, votre pension subit :

  • une proratisation correspondant au rapport du nombre de trimestres validés sur le nombre de trimestres requis ;
  • une décote de 1,25 % par trimestre manquant (dans la limite de 20).

Votre revenu influe sur votre pension de base, dont la base de calcul est le Salaire annuel moyen des 25 meilleures années, et sur votre retraite complémentaire, à travers le nombre de points supplémentaires acquis (jusqu'à un revenu mensuel de 27 016 € à l‘Agirc-Arrco et de 13 508 € à la SSI en 2019).

Depuis 2019, l'Agirc-Arrco a introduit un système de « bonus-malus » selon le temps que vous mettez à liquider votre retraite complémentaire après avoir atteint le taux plein (d'un malus de 10 % si vous la liquidez immédiatement à un bonus de 30 % si vous attendez 4 ans).

Si vous validez des trimestres au-delà de la durée d'assurance requise, votre pension de base ne sera plus proratisée, mais bénéficiera d'une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire (sans limite, contrairement à la décote).

Lire la partie précédente

Lire la suite

Cet article vous a t-il été utile ? Oui Non

Merci pour votre message !

Merci pour votre participation !

Laissez nous votre avis !

A découvrir aussi