La retraite progressive, qu'est-ce que c'est ?

La retraite progressive, qu'est-ce que c'est ?

Retraite progressive

La retraite progressive vous permet d'aménager la transition entre vie active et retraite. Elle consiste à passer à temps partiel dans votre activité, tout en percevant une partie de votre pension de retraite (de base et complémentaire). C'est une forme de pré-retraite. Vous continuez à cotiser et à accumuler des droits et des trimestres, qui seront pris en compte au moment de la liquidation définitive de votre retraite. Vous avez même la possibilité de surcotiser.

Retraite progressive : les règles générales

Quels régimes sont concernés par la retraite progressive ?

La retraite progressive est accessible :

  • aux salariés du régime général (Cnav) ;
  • aux salariés agricoles (MSA) ;
  • aux exploitants agricoles (MSA) ;
  • aux artisans, commerçants et industriels (SSI).

Si vous avez cotisé au régime de base des professions libérales (CNAVPL) ou à celui des avocats (CNBF) au cours de votre carrière, les droits correspondants seront également pris en compte. Cependant, en pratique, vous ne pouvez pas partir en retraite progressive si vous exercez uniquement une profession libérale au moment de la demande.

La fraction de pension de retraitePension de retraite<p>Somme versée périodiquement à un assuré après la liquidation de sa retraite, après cessation totale ou partielle de l'activité professionnelle.</p> que vous percevez en retraite progressive est calculée en tenant compte de vos droits acquis dans tous ces régimes.

Il est possible, pendant cette période de retraite progressive, de surcotiserSurcotisation<p>Fait de cotiser volontairement sur la base d'un salaire à temps plein reconstitué, pour les salariés à temps partiel.</p> afin de continuer à cotiser sur la base d'un temps plein.

Les fonctionnaires, eux, ne peuvent plus bénéficier de la retraite progressive depuis le 1er janvier 2011.

Les principes généraux

L'âge minimal : depuis la réforme du 20 janvier 2014, vous pouvez demander à bénéficier de la retraite progressive dès 60 ans. Auparavant, il fallait attendre l'âge minimum de la retraite, soit 62 ans.

La durée d'assurance : il faut pouvoir justifier d'au moins 150 trimestresTrimestre<p>Unité de base de calcul de la durée d'assurance, utilisée dans la plupart des régimes de retraite de base.</p> de durée d'assurance dans l'ensemble des régimes de retraite obligatoires.

La réduction de l'activité : vous percevez une fraction de ce que serait votre pension de retraite si vous la liquidiez en totalité. Le pourcentage de la pension de retraite est calculé sur la base du temps de travail effectif. Plus vous réduisez votre activité, plus ce pourcentage est élevé.

Les conditions par régime

Pour les salariés du régime général et les salariés agricoles

La pension versée est égale à la réduction du temps de travail hebdomadaire. Par exemple, si vous réduisez votre temps de travail de 30 %, vous percevez 30 % de votre pension.

La durée d'activité doit cependant être comprise entre 40 % et 80 % : on ne peut pas travailler plus de 80 % du temps, ni moins de 40 %.

La pension à partir de laquelle est calculé ce pourcentage est celle que vous verserait votre caisse de retraite si vous preniez votre retraite.

S'il vous manque des trimestres pour remplir votre durée d'assurance requiseDurée d'assurance requise<p>Aussi appelée «<span class="nbsp"> </span>durée minimale d'assurance<span class="nbsp"> </span>», il s'agit de la durée de cotisation légale, calculée en trimestres et tous régimes confondus, nécessaire pour percevoir une pension de retraite à taux plein.</p> au moment du passage en retraite progressive, celle-ci est calculée avec une décote (qui ne peut pas être supérieure à 25 %).

À noter : même si vous remplissez par la suite les conditions de durée d'assurance, votre retraite progressive n'est pas recalculée.

En revanche, au moment de prendre votre retraite, la décote disparaît (si vous remplissez les conditions).

La retraite progressive porte également sur la retraite complémentaire (Agirc-Arrco), aux mêmes conditions. En revanche, il faut penser à faire une demande séparée.

À noter : Depuis le 1er janvier 2018, Il est possible de bénéficier de la retraite progressive si vous exercez plusieurs activités professionnelles à temps partiel. Cette mesure profite particulièrement aux assistantes maternelles ou encore aux aides à domicile qui ont souvent plusieurs employeurs et peuvent désormais profiter de la retraite progressive.

Pour les artisans, commerçants et industriels (SSI)

On mesure la baisse de l'activité à la réduction du revenu tiré de la profession indépendante. On compare les revenus de l'année précédente à la moyenne des revenus des 5 dernières années.

La pension que vous percevez est égale à la réduction de votre revenu annuel. Par exemple, si vous gagnez 40 % de moins, votre pension s'élèvera à 40 % de celle que vous auriez perçue si vous aviez liquidé votre retraite.

La 1re année, et les 6 premiers mois de la 2e année, vous percevez la moitié de votre pension de retraite, à titre provisionnel. À partir du 1er juillet de la 2e année, si votre revenu de l'année passée n'a baissé que de 20 % à 50 %, vous devez rembourser la différence. S'il a baissé de plus de 50 %, ce sont vos caisses de retraite qui vous versent le surplus qu'elles vous doivent. On procède de même à chaque 1er juillet.

De même que pour les salariés, le revenu réduit doit être compris entre 40 % et 80 % du revenu antérieur. La pension partielle est donc comprise entre 20 % et 60 % de votre pension totale. Si votre revenu est réduit à moins de 20 %, la pension est définitivement supprimée.

La retraite progressive concerne à la fois la pension de base et la pension complémentaire. Il n'y a qu'une seule demande à faire à la SSI.

Pour les exploitants agricoles (MSA)

On mesure la réduction d'activité de différentes façons suivant votre assujettissement (SMI ou temps de travail).

Si vous êtes assujetti par rapport à une Surface minimum d'installation (SMI) :

  • vous recevrez 40 % de votre retraite si vous réduisez votre exploitation de 35 % à 45 % ;
  • vous recevrez 50 % si la cession est supérieure à 45 %.

Si vous êtes assujetti par rapport à un temps de travail :

  • vous recevrez 40 % de votre retraite si la diminution de votre activité est comprise entre 400 et 800 heures de travail ;
  • vous recevrez 50 % si cette diminution est supérieure à 800 heures.

La retraite progressive concerne à la fois la pension de base et la pension complémentaire, aux mêmes conditions. Il n'y a qu'une seule demande à faire à la MSA.

Quand s'arrête la retraite progressive ?

Si vous reprenez une activité à temps plein, le versement de la pension partielle est interrompu. Il n'est ensuite plus possible de demander à nouveau le bénéfice de la retraite progressive, sauf si vous êtes exploitant agricole.

Si votre temps de travail évolue (par exemple si vous êtes salarié et que vous passez de 40 % à 80 %, ou l'inverse), votre pension est adaptée en conséquence, à partir du 1er janvier de l'année suivante si vous êtes salarié, du 1er juillet si vous êtes artisan, commerçant ou industriel, ou du mois suivant si vous êtes exploitant agricole.

Attention : c'est à vous qu'il revient de signaler vos changements de situation à vos caisses de retraite !

Lorsque vous demandez la liquidationLiquidation de la retraite<p>Lorsqu'un assuré souhaite partir à la retraite, il doit demander la liquidation de ses droits, c'est-à-dire faire valoir ses droits pour déclencher la mise en paiement de sa pension de retraite.</p> complète de votre retraite (c'est-à-dire votre retraite définitive), la pension est recalculée en tenant compte des trimestres et des droits acquis tout au long de votre période de retraite progressive.

Exemple : Didier a travaillé 18 ans comme commerçant, puis 20 ans comme salarié d'entreprise. S'il prenait sa retraite à taux plein, il percevrait 1 600 € de pension : 900 € comme ancien salarié et 700 € comme ancien commerçant (base et complémentaire). Il lui manque 12 trimestres pour atteindre sa durée d'assurance : sa pension serait donc calculée avec une décote de 12 x 1,25 % = 15 %. Soit 1 600 - (15 % x 1 600) = 1 360 €.

Il choisit de passer à mi-temps en retraite progressive, pour compléter sa durée d'assurance. Il travaillera donc 50 % du temps. Il percevra, en plus de son salaire, 1 360 x 50 % = 680 € de pensions de retraite.

Une fois à la retraite, il percevra une pension totale supérieure à 1 600 €, grâce aux droits supplémentaires accumulés pendant sa période de retraite progressive.

Ce qu'il faut retenir sur la retraite progressive

La retraite progressive est accessible dans la plupart des régimes à partir de 60 ans.

Au régime général, votre pension est déterminée par votre baisse d'activité. Une activité réduite à 60 % d'un temps plein vous donne droit à 40 % de votre pension. Votre réduction d'activité doit être comprise entre 40 % et 80 %.La retraite progressive porte également sur la retraite complémentaire, mais pensez à faire une demande séparée.

À la SSI, la part de la pension que vous percevez est proportionnelle à la réduction de votre revenu annuel. Les seuils de 40 % et 80 % s'appliquent aussi, mais une seule demande est nécessaire pour les pensions de base et complémentaire.

Si vous êtes exploitant agricole, vous percevrez 40 % ou 50 % de votre pension, selon votre réduction d'activité (calculée en SMI ou en temps de travail selon votre assujettissement). Une seule demande est nécessaire pour les pensions de base et complémentaire.

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