Retraite : vers une dégradation du niveau de vie des retraités ?

Retraite : vers une dégradation du niveau de vie des retraités ?

Les Français sont généralement inquiets quant à la baisse de leur pouvoir d’achat au moment du passage à la retraite. Cette crainte est-elle fondée ? Les derniers chiffres du Conseil d’orientation des retraites (COR) permettent de faire le point sur la situation. Ces projections ne tiennent pas compte de la future réforme des retraites, qui n’est pas connue en détail.

Le contexte

Les Français en activité attendent la retraite avec impatience, mais ils craignent en même temps une baisse de leur niveau de vie. Pourtant, depuis une vingtaine d’années, les retraités ont un niveau de vie supérieur à celui des actifs. Selon le rapport du Conseil d’orientation des retraites de juin 2019, leur niveau de vie en 2016 correspondait à  105,6 % de celui des Français. Attention, il s’agit bien du niveau de vie des retraités, tous revenus confondus, comparé à celui de l’ensemble de la population. Les pensions de retraite, considérées séparément des autres revenus des retraités, représentaient la même année à peu près les 2/3 du revenu net moyen des actifs.

À noter que les ménages retraités ne vivent pas uniquement de leur pension de retraite : en moyenne, celle-ci représente 71 % de leurs ressources. C’est un niveau qui reste élevé par rapport à la plupart des autres pays développés.

Une inversion de la tendance

Le rapport entre revenus des retraités et revenus des actifs pourrait cependant s’inverser, annonce le COR depuis plusieurs années déjà. Stable depuis 1996 environ, le ratio devrait commencer à se dégrader, pour passer juste en dessous de la barre des 100 % en 2030, selon un rapport du COR de novembre 2019.

L’une des raisons de cette évolution est inscrite dans le mode de revalorisation des pensions de retraite. En effet, depuis 1987 (en pratique), les pensions sont indexées sur les prix, et non plus sur les salaires, comme c’était le cas auparavant. Or, les prix augmentent moins vite que les salaires. L’indexation sur les prix a pour effet de creuser mécaniquement la différence entre le niveau de vie des retraités et celui de la population active, en défaveur des premiers.

Dans le même temps, les générations qui arrivent à la retraite aujourd’hui, en particulier les femmes, ont eu en moyenne des carrières mieux rémunérées que les précédentes. Ce phénomène, appelé « effet de noria », joue dans l’autre direction : il contribue à orienter la moyenne des pensions à la hausse, et donc, en pratique, à limiter la baisse globale.

En 2019, dans son 6e rapport annuel, le COR prévoyait que le niveau de vie des retraités représenterait, en 2070, entre 78 % et 87 % de celui de la population (selon les hypothèses de croissance). Ces prévisions sont en recul notable par rapport à celles du 4e rapport (82 % à 94 %). Il s’agit d’une baisse relative : selon les projections, les revenus des retraités vont continuer à progresser, mais moins vite que les revenus d’activité.

Les raisons conjoncturelle de la baisse du niveau de vie des retraités

Outre l’effet de l’indexation des pensions sur l’évolution des prix, plusieurs mesures ont affecté dernièrement les pensions des retraités.

Depuis le 1er janvier 2018, environ 8,2 millions de retraités subissent une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 % sur leur revenu brut. Le taux de CSG est ainsi passé, pour les pensions de retraite, de 6,6 % à 8,3 %. Pour les retraités, cette hausse n’a pas été compensée, contrairement aux salariés qui ont, eux, bénéficié de la suppression des cotisations chômage et maladie. Pour info, cette hausse n’a pas concerné les retraités exonérés ni ceux qui acquittaient le taux réduit de CSG à 3,8 %.

La pension de retraite de base n’a été revalorisée que de 0,3 % en 2019. Il devrait en être de même en 2020, mais uniquement pour les retraités percevant davantage que 2 000 € de pension totale (tous régimes confondus, de base et complémentaire). Ceux qui perçoivent moins que ce montant verront leur pension revalorisée de 1 %, soit à peu près l’inflation prévue pour 2019. Les pensions supérieures à 2 000 € seront donc sous-indexées par rapport à l’inflation. La retraite complémentaire a été, elle, revalorisée de 1 % au 1er novembre 2019.

Ces mesures font mécaniquement baisser les revenus des retraités et de fait, leur niveau de vie.

Des compensations

Dans ce contexte, le gouvernement a décidé de faire un geste en direction des retraités percevant les revenus les plus bas. Près de 350 000 retraités dont le taux de CSG avait augmenté de 1,7 % en 2018 en ont été exemptés dès l’année 2019.

La baisse, puis la disparition de la taxe d’habitation en 2020 pour 80 % des foyers, contribue également à compenser la hausse de la CSG pour une grande partie des retraités.

Source : COR – Impots.gouv.fr

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