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29/05/2015

Les inégalités hommes/femmes face à la retraite

Les inégalités de salaires : illustration de l\'article

Aujourd'hui, les femmes qui partent à la retraite touchent une pension moyenne qui représente 58% de celle des hommes (hors réversion). Malgré leur arrivée massive dans le monde du travail depuis les années 1970, les inégalités hommes/femmes, (écarts de salaires, temps partiel, choix familiaux...) perdurent, avec des conséquences directes sur la retraite.

1. Des écarts de pension sensibles qui s'expliquent par de nombreux facteurs

1.1. Des écarts de pension sensibles

En 2013, les hommes touchaient en moyenne 1642 € de pension de retraite par mois, et les femmes 993 €. La pension moyenne des femmes représentait donc 60,5 % de celle des hommes. Lorsque l'on prend en compte les pensions de réversion, dont les femmes sont largement plus nombreuses à bénéficier, l'inégalité se réduit un peu mais perdure : en 2013, les femmes percevaient 1284 € de pension moyenne, réversion et tous avantages compris, soit 75% de la pension moyenne des hommes (1715 €).

En effet, en termes de carrière et de salaires, les femmes sont moins bien loties que les hommes :


Elles sont plus touchées par les emplois précaires : 80% des temps partiels et 78% des emplois non-qualifiés sont occupés par des femmes.

Elles sont moins bien payées : en 2009, leur rémunération était inférieure de 27% en moyenne à celle des hommes ; l'écart descend à 17% si on ne tient compte que des emplois à temps plein ; à poste égal, il reste encore de 9%. En outre, l'écart évolue peu depuis le milieu des années 1990.

Enfin, les femmes ont des carrières plus accidentées : entre chômage et choix familiaux (grossesses, congés maternité, arrêts de travail pour élever ses enfants...), elles connaissent plus de périodes d'inactivité que les hommes.

 

Ainsi, en 2013, les femmes du régime général qui ont pris leur retraite avaient validé en moyenne 8 trimestres de moins que les hommes (158 trimestres pour les hommes, contre 150 pour les femmes). En 2012, les femmes n'ont été que 45 % à prendre leur retraite en justifiant d'une carrière complète,  contre 74% chez les hommes. En définitive, moins d'une femme sur deux réussit à valider le nombre de trimestres nécessaires pour toucher une pension complète.

 

Odile Chagny, économiste au Groupe Alpha et chercheur affiliée à l'OFCE, évoque l'ampleur des inégalités hommes-femmes face à la retraite, ainsi que ses principales causes (2010).

 

 

1.2. Une situation qui s'améliore très lentement

L'important écart entre les niveaux de pensions de retraite des hommes et des femmes se réduit à un rythme très lent. Aujourd'hui de 40%, il devrait être de 30% pour les générations 1965-1969, qui partiront à la retraite aux alentours de 2025-2030. Et on a déjà pu noter une amélioration entre les générations : fin 2012,  les femmes âgées de 65 à 69 ans percevaient une pension moyenne (hors réversion) inférieure de 36% à celle des hommes ; chez leurs aînées âgées de plus de 85 ans, l'écart passe à 52%. Les premières percevaient des pensions de droit direct supérieures de 33% à celles des secondes.
 
On peut donc espérer que les femmes qui travaillent actuellement auront de meilleures retraites que leurs mères.

2. Les avantages accordés aux femmes par le système de retraite

Le système de retraite accorde certains avantages aux femmes pour réduire les inégalités :

  • des trimestres de majorations sont accordés pour chaque enfant,
  • une majoration de 10% de la pension pour les mères de 3 enfants et plus.

 

Cependant, ce dernier avantage, s'il augmente les pensions des femmes, ne réduit pas les inégalités : les pères en bénéficient également, et comme leurs pensions sont en moyenne plus élevées, leur majoration est plus importante.

Par ailleurs, la réversion permet aux femmes de percevoir une partie de la pension de leur conjoint lorsqu'il décède.

Ces avantages ne suffisent pas cependant pas à résorber les inégalités. C'est pourquoi les réformes successives contiennent quelques mesures en faveur des femmes et de l'égalité hommes-femmes.

2.1. Les mesures de la réforme de 2010

La réforme de 2010 contenait trois mesures dans ce sens :

•    La principale mesure visait à inciter les entreprises à promouvoir l'égalité hommes-femmes au sein de leur organisation : Les entreprises de 50 salariés et plus doivent mettre en place un accord sur l'égalité professionnelle hommes-femmes ou, à défaut, un plan d'action pour la promotion de cette égalité. Si elles ne le font pas, elles doivent acquitter une contribution qui pourra atteindre 1% de leur masse salariale. Il s'agit d'une mesure calquée sur le principe de ce qui existe par ailleurs sur la prise en compte de la pénibilité et l'emploi des seniors.
 
•    Les parents de 3 enfants nés avant 1956 et ayant interrompu ou réduit leur activité professionnelle pour les élever, pourront continuer à partir à la retraite à taux plein à 65 ans, à condition d'avoir validé un nombre minimum de trimestres qui reste à fixer. Cette mesure pourrait concerner 130 000 personnes, sans doute essentiellement des mères.

•    Depuis le 1er janvier 2012, l'indemnité journalière perçue pendant le congé maternité est prise en compte, à hauteur de 125 % de leur montant, pour le calcul du salaire de référence à partir duquel est calculée la retraite (les 25 meilleures années). Cette mesure pourrait se traduire par une légère réévaluation de certaines retraites de mères.

2.2. Les mesures de la réforme de 2014

La réforme de 2014 contient également quelques mesures qui favorisent les femmes :

 

Tous les trimestres de maternité sont pris en compte, y compris pour le bénéfice de la retraite anticipée pour carrières longues ;

 

Les mesures favorables aux bas revenus et aux carrières interrompues bénéficieront majoritairement aux femmes : c'est le cas de la baisse du revenu nécessaire pour valider un trimestre (qui est passé de 200 à 150 fois le Smic horaire), de la revalorisation du minimum contributif et des petites pensions des agricultrices.

 

Les aidants de parents handicapés bénéficient plus facilement de l'assurance vieillesse gratuite ; or la majorité sont des femmes.

 

Enfin, les assistants maternels, profession majoritairement féminine, peuvent désormais racheter à prix réduit leurs trimestres à prix réduit pour les périodes antérieures à 1991, où elles étaient peu couvertes par l'assurance vieillesse.

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