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06/04/2018

Comment s'organiser à l'approche de la retraite ?

Comment s'organiser à l'approche de la retraite ?

La transition entre vie active et retraite peut s'avérer délicate à négocier. Entre chômage des seniors, difficultés professionnelles et désir de « lever le pied », beaucoup d'éléments peuvent influer sur vos droits à la retraite. Quelles sont les bonnes questions à se poser en fin de carrière ?

 

1. La fin de carrière : des années parfois difficiles

Les seniors continuent à travailler plus tard aujourd'hui qu'il y a 15 ans : un peu plus de la moitié des 55-64 ans travaillaient en 2017, contre 36% en 2003 (source Dares). C'est la conséquence des réformes successives des retraites qui ont eu pour conséquence de :

 

  • repousser l'âge de départ à la retraite,
  • allonger la durée de cotisation nécessaire pour obtenir un taux plein,
  • supprimer ou réduire les dispositifs encourageant les seniors à sortir du marché de l'emploi, telle la préretraite.

Le taux de chômage des plus de 50 ans est plus faible que dans le reste de la population (6,1% au 4e trimestre 2017, contre 8,6% en moyenne, selon l'Insee). Mais les emplois occupés par les seniors sont comparativement plus précaires que les autres : 23% d'entre eux travaillent à temps partiel, contre 18% des 30-54 ans, et ces temps partiels correspondent à des horaires en moyenne plus courts (source : Dares). Lorsqu'ils sont au chômage, ils mettent par ailleurs plus de temps à retrouver un emploi que les autres.

 

D'autre part, à l'approche de la retraite, il n'est pas rare d'avoir envie de « lever le pied », d'assurer une transition en douceur au moment de la fin de la vie active. Quels sont les moyens d'y parvenir, et que faut-il savoir ?

 

Plusieurs cas de figure existent :

 

2. Que se passe-t-il si je suis au chômage ?

2.1. Chômage des seniors : des droits spécifiques

Les seniors ont davantage de droits au chômage que les autres personnes, même si ces droits se sont réduits depuis le 1er novembre 2017.

 

  • Si vous avez 53 ou 54 ans au moment où vous perdez votre emploi, vous pouvez bénéficier de 30 mois d'indemnisation chômage, contre 24 mois dans le cas général (à condition d'avoir travaillé pendant au moins 30 mois au cours des trois années précédentes). Vous bénéficierez également de 6 mois supplémentaires si vous suivez une formation.
  • Si vous avez entre 55 et 61 ans au moment où vous perdez votre emploi, vous pouvez bénéficier de 36 mois d'indemnisation chômage (à condition d'avoir travaillé pendant les 36 mois précédents).
  • Si vous avez atteint 61 ans et que vous n'avez pas suffisamment de trimestres pour faire valoir vos droits à la retraite, vous continuez à être indemnisé jusqu'à ce que vous ayez validé tous vos trimestres, à certaines conditions :
    • être indemnisé depuis au moins un an au moment où vous atteignez l'âge de la retraite (généralement 62 ans),
    • avoir cotisé au moins 12 ans à l'assurance chômage,
    • avoir validé au moins 100 trimestres pour la retraite.

L'indemnisation chômage prend fin à partir du moment où vous remplissez toutes les conditions pour percevoir votre retraite à taux plein, c'est-à-dire quand vous avez plus de 62 ans et tous vos trimestres, ou quand vous atteignez 67 ans, pour les générations 1955 et suivantes.

 

A noter : si vous avez perdu votre emploi avant le 1er novembre 2017 et que vous aviez entre 50 et 54 ans, vous dépendez encore de l'ancien système, et pouvez bénéficier de 36 mois de chômage.

 

2.2. Quelles conséquences pour ma retraite ?

Les périodes de chômage indemnisé donnent droit à des trimestres de retraite et à des points de retraite complémentaire (sur la base de votre dernier salaire).

 

En revanche, les indemnités chômage n'entrent pas dans le calcul de votre salaire annuel moyen (la moyenne de vos 25 meilleures années), qui sert à calculer votre retraite de base. Celle-ci risque donc d'être moins importante que si vous aviez continué à travailler – surtout pour un salaire élevé par rapport à ceux de votre carrière.

 

Si vous avez plus de 55 ans et arrivez en fin de droits au chômage avant d'avoir atteint l'âge de la retraite, vous continuez à accumuler des trimestres pendant 5 ans. Mais vous ne bénéficiez pas de points de retraite complémentaire. Le montant de votre retraite totale s'en ressentira donc.

 

3. Ménager la transition : temps partiel et retraite progressive

Même si vous n'avez pas de problème d'emploi, vous souhaitez peut-être ralentir votre activité, que ce soit pour des raisons de santé ou pour vous consacrer à d'autres activités personnelles ou familiales. Comment y parvenir sans compromettre sa retraite ?

 

3.1. Temps partiel

En 2016, environ 800 000 seniors (55-64 ans) travaillaient à temps partiel (source Dares). Une activité à temps partiel ne réduira probablement pas votre nombre de trimestres validés puisqu'il suffit de gagner dans l'année 600 fois le Smic horaire, soit 494€ par mois, pour valider vos 4 trimestres.

 

En revanche, le temps partiel peut réduire le montant de votre pension : votre rémunération étant plus faible, vous accumulerez moins de points de retraite complémentaire, et la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire risque de baisser.

 

Il existe une possibilité pour pallier ce problème : la surcotisation. Avec l'accord de votre employeur, vous pouvez cotiser sur la base d'un temps plein, et continuer ainsi à accumuler autant de droits que si vous étiez à temps plein. Votre salaire net baissera, mais vos droits à la retraite seront préservés.

 

Dans certains cas, vous pouvez également bénéficier d'un passage à temps partiel avec maintien de votre rémunération à temps plein : si vous avez exercé des métiers pénibles et avez reçu suffisamment de points sur votre compte professionnel de prévention (ex « compte pénibilité »).

 

3.2. Retraite progressive

Vous pouvez demander à bénéficier de la retraite progressive si vous avez au moins 60 ans et que vous justifiez d'au moins 150 trimestres. Il faut alors que votre employeur vous donne son accord pour travailler à temps partiel. Vous percevrez alors une fraction de la pension que vous toucheriez si vous preniez votre retraite. Près de 12 000 personnes en France ont fait ce choix en 2016 (source Cnav).

 

Si vous travaillez à mi-temps, par exemple, vous recevrez la moitié de votre pension de retraite. A 4/5ème, 20% de la pension.A 2/5ème, 60%. Vous continuez à accumuler des droits, et vous pouvez même surcotiser si votre employeur est d'accord.

 

Au moment de prendre votre retraite définitive, vos droits seront recalculés avec les trimestres et les points acquis pendant toute la durée de la retraite progressive.

 

Un système analogue existe pour les indépendants et les exploitants agricoles.

 

C'est un bon moyen de négocier sa fin de carrière en minimisant la perte de pouvoir d'achat !

 

4. Faire un bilan retraite

D'autres questions se posent à l'approche de la retraite : ai-je intérêt à racheter des trimestres ? A acheter ma résidence ? A changer de résidence ? A travailler plus longtemps ? D'où l'importance de se faire conseiller et de faire un bilan retraite.

 

Vos caisses de retraite vous y aident en vous envoyant, à partir de vos 55 ans, une estimation indicative globale de vos futures pensions, en fonction de l'âge auquel vous choisirez de partir. Vous pouvez également demander à tout moment un relevé de situation individuelle en vous adressant à l'un de vos organismes de retraite.

 

N'hésitez pas non plus à prendre contact avec un conseiller bancaire, muni de toutes ces informations, pour examiner les différentes options qui s'offrent à vous !

 

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