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24/11/2017

Les femmes et la retraite : où en est-on ?

les femmes et la retraite

Outre votre âge, le montant de votre pension de retraite dépend de votre salaire et aussi de votre durée d'assurance, c'est-à-dire le nombre de trimestres que vous avez validés au cours de votre vie dite active.
Mais alors, les inégalités professionnelles dont sont victimes les femmes se répercutent-elles au moment de la retraite ? Existe-t-il des dispositifs permettant aux femmes de compenser ces écarts ? Les femmes et la retraite : où en est-on ?

 

1. Hommes/Femmes : des différences pour la retraite ?

Femmes et hommes sont loin d'être égaux devant la retraite. La principale raison est due aux inégalités professionnelles liées aux écarts importants entre les salaires des hommes et ceux des femmes. Le système de retraite en tient compte et compense ces disparités, mais en partie seulement.

Le chemin est encore long, même si des progrès ont été faits dans ce domaine. Il faut donc que vous ayez une bonne connaissance du système de retraite pour vous permettre de faire les meilleurs choix.

 

 

2. Des inégalités salariales répercutées sur la retraite des femmes

Tous régimes confondus, les femmes reçoivent des pensions sensiblement inférieures à celles des hommes. Selon la Drees, les femmes percevaient en moyenne en 2015 un montant de retraite inférieur de 25,1 % à celui des hommes : 1 309 € pour une femme contre 1 747 € pour un homme (droits directs, droits dérivés et majorations pour enfant compris).

Cet écart augmente jusqu'à 39,2 % dès lors que l'on ne prend en compte que les pensions de droits directs. En effet, certains dispositifs de droits dérivés, comme la réversion, permettent de réduire cet écart, les femmes en étant les principales bénéficiaires.

 

L'écart entre pensions des hommes et des femmes tend à se réduire. Cependant, la moyenne des pensions d'aujourd'hui reflète encore les inégalités de revenu et de carrière entre hommes et femmes au cours des 30 ou 40 dernières années. Une étude d'octobre 2014 rappelle que les femmes sont encore payées, en moyenne, un quart de moins que les hommes. Et à durée de travail et compétences égales, l'écart reste d'environ 9%.

 

Si la différence entre les pensions tend à se réduire, les femmes partent plus tard à la retraite, et avec moins de trimestres. En 2014, les salariées du régime général ont liquidé leur retraite en moyenne à 62,5 ans avec 150 trimestres (tous régimes confondus), contre 61,9 ans et 158 trimestres pour les hommes.

 

 

3. Réduction des inégalités : une compensation partielle

Le système de retraite a prévu depuis longtemps des mesures de correction partielle de ces déséquilibres entre hommes et femmes. La plus importante est la réversion : c'est la pension qui est versée, sous conditions, au conjoint survivant en cas de décès d'un assuré ou d'un retraité. La plupart des bénéficiaires de ce dispositif sont les femmes.

 

D'autres avantages visent aussi à compenser l'impact des enfants sur la vie professionnelle. Ainsi il existe de nombreux dispositifs de droits dérivés conditionnés à la présence d'enfants. C'est le cas, notamment, de la majoration de 10% pour les parents de 3 enfants et plus. Mais paradoxalement, cette majoration avantage les hommes, puisqu'elle est proportionnelle à la pension.

 

Les mesures d'aides aux personnes âgées les plus défavorisées (minimum vieillesse, minimum contributif), en revanche, profitent davantage aux femmes.

 

Même en tenant compte de ces différentes mesures, les femmes continuent à recevoir des pensions de 25% inférieures à celles des hommes – au lieu de 39,1% en ne tenant compte que des droits directs.

 

 

4. Droits dérivés à la retraite : des trimestres assimilés pour les femmes

Selon votre année de naissance, vous devez valider entre 160 et 172 trimestres, soit entre 40 et 43 années, pour espérer percevoir une pension à taux plein. Compte tenu de la persistance des inégalités professionnelles, cette perspective peut paraître particulièrement décourageante pour les femmes. Pourtant, plusieurs aspects du système de retraite permettent d'atténuer cette inquiétude.

 

Si vous avez des enfants, vous recevez des trimestres de majoration : pour chaque enfant, 4 trimestres sont réservés à la mère, et 4 autres peuvent être partagés avec le père. Attention : les règles sont différentes si vous êtes fonctionnaire.

 

Si vous prenez un congé parental, sa durée est comptée (mais non cumulable avec les trimestres de majoration : il faut choisir). Tous les trimestres de congé maternité comptent également, même si cette mesure sert moins souvent : quand vous reprenez le travail après le congé, la plupart du temps, votre salaire de l'année suffit à valider vos 4 trimestres.

 

Si vous choisissez – ou si vous êtes obligée – de rester à la maison pour élever vos enfants, là encore, vos trimestres peuvent être validés, grâce à l'assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF), dont vous bénéficiez si les revenus du ménage sont inférieurs à un certain plafond. Mais attention : tous ces trimestres « gratuits » vous permettent de partir plus tôt, mais n'accroissent pas votre « Salaire annuel moyen » (SAM), utilisé pour calculer votre pension.

 

D'après l'étude de la DRESS, en moyenne, en 2012, les femmes retraitées auraient validé 23,5 années de carrière sans ces différents dispositifs. Avec ceux-ci, elles arrivent à valider 33,6 années, soit 10 ans de plus. Les hommes, eux, passent de 33,8 à 38,5 ans.

 

 

5. Quel est l'impact de la dernière réforme sur la retraite des femmes ?

En allongeant la durée de cotisation pour celles qui sont le plus éloignées de la retraite, c'est-à-dire les plus jeunes, la réforme de 2013-2014 ne simplifie pas forcément la vie des femmes. Cependant, elle contient un certain nombre de mesures qui leur sont favorables, certaines assez symboliques, d'autres plus substantielles.

 

Parmi elles, la validation de tous les trimestres de congé maternité. Cette mesure ne concerne en fait que les naissances multiples ou au-delà du 2e enfant. Elle ne bénéficie vraiment qu'aux femmes qui ne reprennent pas leur travail après leur congé ou qui sont faiblement rémunérées. Un vrai avantage pour celles-ci, mais pas pour la majorité des femmes.

 

De même pour la prise en compte des trimestres pour « carrières longues ». Avec l'allongement de la durée de cotisation, cette mesure va devenir de plus en plus difficile d'accès.

 

D'autres mesures auront un impact sans doute plus important :

  • La baisse du « prix » du trimestre : dorénavant, un tiers-temps payé au Smic permettra de valider 4 trimestres dans une année. Avant, il fallait presque un mi-temps. Les femmes étant moins bien rémunérées que les hommes et travaillant plus souvent à temps partiel, cette mesure leur sera plus souvent avantageuse.
  • La meilleure prise en compte du chômage grâce à un assouplissement des conditions de validation de certaines périodes de chômage non indemnisées.

Mais attention : ces mesures concernent les périodes validées à partir de la réforme, elles ne sont pas rétroactives.

 

En définitive, les inégalités entre retraitées et retraités pourront difficilement disparaître tant que subsisteront des disparités sur le marché du travail. Mais, en attendant cet avenir plus ou moins lointain, l'information reste le meilleur allié pour préparer sa retraite.

 

 

En savoir plus sur les inégalités hommes/femmes face à la retraite

 

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