A A A | imprimer |
10/01/2018

Le défi du vieillissement

Retraites : le défi vieillissement

Depuis les années 1970, la population mondiale est confrontée à un phénomène inédit dans l'histoire de l'humanité : son vieillissement dû à l'effet conjoint de la baisse de la fécondité et de la hausse de l'espérance de vie. Il en résulte une forte tension sur les régimes de retraite et un vrai défi pour la prise en charge de la dépendance.

 

 

1. Vieillissement de la population, retraite et dépendance : un défi du XXIe siècle

Si le phénomène du vieillissement a d'abord concerné les pays développés, il s'est rapidement étendu à l'ensemble de la planète. Selon l'OMS, la part des plus de 60 ans dans la population mondiale devrait passer de 12 % à 22 % entre 2015 et 2050. Les principales causes sont connues : baisse de la fécondité d'une part, et hausse de l'espérance de vie d'autre part. Selon l'ONU, l'espérance de vie moyenne de l'humanité pourrait passer de 70 ans en 2010-2015 à 77 ans en 2045-2050. L'Europe de l'Ouest, l'Amérique du Nord et le Japon ont été les premiers à connaître ce phénomène, rejoints rapidement par les pays en voie de développement.

 

 

2. Une évolution durable et planétaire

Tout pousse à croire que le phénomène est durable. Il remet en question l'équilibre des relations économiques et sociales entre générations, et pose le problème des retraites d'une façon de plus en plus aigüe. Dans les pays émergents, la question économique est particulièrement brûlante. Comme le soulignait la directrice de l'OMS en 2002, « alors que les pays développés sont devenus riches avant de vieillir, les pays en développement vont vieillir avant de devenir riches ». La préservation et l'approfondissement des systèmes de retraite dans ces pays posent des difficultés considérables.

 

La situation des pays développés est meilleure mais ceux-ci n'en sont pas moins confrontés à des tensions importantes au sein de leurs systèmes de retraite . De moins en moins d'actifs cotisent pour un nombre croissant de retraités. Sans réforme radicale, les régimes sont voués à devenir déficitaires.

 

Dans le même temps, la croissance rapide des Trente Glorieuses a cédé la place, dans les pays développés, à des taux de croissance plus modérés, dont on ignore s'ils seront à nouveau dépassés à l'avenir. Face à ces évolutions, les pays riches ont entamé dès les années 1990 des réformes de leurs systèmes de retraite, visant à en rééquilibrer les comptes dans un avenir prévisible, en fonction des scénarios démographiques et économiques possibles.

 

 

3. Vieillissement et systèmes de retraite : un débat international.

3.1. Un débat qui remonte aux années 1990

Au cours des années 1990, les institutions internationales recommandaient des réformes visant à reculer l'âge de départ à la retraite, à réduire les prestations et à diversifier les sources de revenu des retraités, notamment par la création de systèmes par capitalisation. Au fil de la décennie, cependant, les points de vue des institutions dites les plus libérales (Banque Mondiale, Fonds monétaire international) et des organisations à la philosophie plus sociale (Bureau international du travail, Association internationale de la Sécurité sociale) se sont rapprochés.

 

 

3.2. Répartition ou capitalisation ?

Le débat « répartition » contre « capitalisation » s'est petit à petit apaisé pour faire place à des approches pragmatiques par pays.

 

De fait, vus de loin, ces deux types de système (répartition et capitalisation) ne diffèrent pas tant qu'il y paraît :

  • dans le cas d'un régime par capitalisation, la pension est garantie et versée par un fonds de pension privé, et la rentabilité des sommes versées dépend des taux d'intérêts ;
  • dans le cas d'un régime par répartition, c'est l'État qui est le garant, et la rentabilité dépend du taux de croissance de l'économie.

Dans les deux cas, il s'agit, pour les cotisants, de mettre de l'argent de côté tout au long de leur vie active, avec la promesse de percevoir une rente viagère à l'âge de la retraite. Au cours des dernières décennies, les taux d'intérêt ont été globalement supérieurs aux taux de croissance, cela conduisant à une rentabilité meilleure des systèmes par capitalisation. En revanche, ceux-ci s'avèrent plus imprévisibles dans le court terme, comme l'a montré la crise financière de 2008.

 

 

3.3. Des solutions diversifiées

Une idée souvent défendue serait de diversifier les systèmes de retraite en alliant, par exemple, capitalisation et répartition, systèmes obligatoires et épargne facultative. Ce serait également de créer des systèmes de répartition qui fonctionnent, du point de vue des assurés, comme des systèmes par capitalisation : on parle des systèmes en comptes notionnels.

 

Ces différentes solutions ont inspiré nombre de réformes dans le monde au cours des quinze dernières années. Dans la plupart des cas, de nouvelles mesures devront cependant être envisagées, dans un sens ou dans un autre.

 

 

68 personnes ont trouvé cet article utile. Avez-vous trouvé cet article utile ? ouinon

PARTAGEZ CE CONTENU : Imprimer | Partagez sur facebook Partagez sur twitter Partagez sur linkedin Partager sur Google+

Autour du même sujet

Autres articles du dossier

offre MAF
Mon parcours retraite Calculer ma retraite avec le simulateur en ligne Conseils retraite correspondant à mon profil Les réponses à mes questions retraite Mes démarches retraite Guide retraite Web TV La retraite en clair