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05/04/2011

Le défi du vieillissement

Depuis les années 1970, la population mondiale est confrontée à un phénomène inédit dans l'histoire de l'humanité : le vieillissement. Cette évolution a d'abord concerné les pays développés ; elle s'étend désormais, de plus en plus, à l'ensemble de la planète. Selon l'ONU, les plus de 60 ans représentaient, en 2007, 11% de la population du globe ; en 2050, cette part devrait s'élever à 22%. Les principales causes du phénomène sont connues : baisse de la fécondité d'une part ; hausse de l'espérance de vie d'autre part. Toujours selon l'ONU, au cours de la première moitié du XXIe siècle, l'espérance de vie moyenne de l'humanité pourrait passer de 65 à près de 75 ans. Jusqu'ici, l'Europe de l'Ouest, l'Amérique du Nord et le Japon ont été à la pointe de l'allongement de la vie, mais le monde en développement, Afrique subsaharienne exceptée, ne suit pas loin derrière.

 


Une évolution durable et planétaire


Tout pousse à croire que le phénomène est durable. Il remet en question l'équilibre des relations économiques et sociales entre générations, et pose le problème des retraites d'une façon de plus en plus aigue. Dans les pays émergents, la question économique est particulièrement brûlante : comme le disait la directrice de l'OMS en 2002, « alors que les pays développés sont devenus riches avant de vieillir, les pays en développement vont vieillir avant de devenir riches ». La préservation et l'approfondissement des systèmes de retraite dans ces pays posent des difficultés considérables.


La situation des pays développés est meilleure ; mais ils n'en sont pas moins confrontés à des tensions importantes au sein de leurs systèmes de retraite. De moins en moins d'actifs cotisent pour un nombre croissant de retraités ; sans réforme, les régimes sont voués à devenir déficitaires. Dans le même temps, la croissance rapide des Trente Glorieuses a cédé la place, dans les pays développés, à des taux de croissance plus modérés, dont on ignore s'ils seront à nouveau dépassés à l'avenir. Face à ces évolutions, les pays riches ont entamé dès les années 1990 des réformes de leurs systèmes de retraite, visant à en rééquilibrer les comptes dans un avenir prévisible, en fonction des scénarios démographiques et économiques possibles.


Le débat international sur la réforme des systèmes de retraite


Au cours des années 1990, les institutions internationales recommandent des réformes qui repoussent l'âge de départ à la retraite, réduisent les prestations et diversifient les sources de revenu des retraités. Au fil de la décennie, les points de vue des institutions les plus « libérales » (Banque Mondiale, Fonds monétaire international) et des organisations à la philosophie plus sociale (Bureau international du travail, Association internationale de la Sécurité sociale) se rapprochent.  Le débat « répartition » contre « capitalisation » s'est petit à petit apaisé pour faire place à des approches pragmatiques par pays.


De fait, vus de loin, ces deux types de systèmes (répartition et capitalisation) ne diffèrent pas tant qu'il n'y paraît : dans les deux cas, il s'agit de mettre de l'argent de côté tout au long de sa vie active, avec la promesse de percevoir une rente à l'âge de la retraite. Dans le cas d'un régime par capitalisation, la pension est garantie et versée par un fonds de pension privée, et la rentabilité des sommes versées dépend des taux d'intérêts ; dans le cas d'un régime par répartition, c'est l'Etat qui est le garant, et la rentabilité dépend du taux de croissance de l'économie. Au cours des dernières décennies, les taux d'intérêt ont été globalement supérieurs aux taux de croissance ; d'où une rentabilité meilleure des systèmes par capitalisation. En revanche, ces derniers s'avèrent plus imprévisibles dans le court terme, comme l'a montré la crise financière de 2008.


D'où l'idée, souvent défendue, de diversifier les systèmes de retraite, en alliant par exemple capitalisation et répartition, systèmes obligatoires et épargne facultative. Ou encore, de créer des systèmes de répartition qui fonctionnent, du point de vue des assurés, comme des systèmes par capitalisation : ce sont les systèmes en comptes notionnels.


Ces différentes solutions ont inspiré nombre de réformes dans le monde au cours des quinze dernières années. Dans la plupart des cas, de nouvelles mesures devront cependant être envisagées, dans un sens ou dans un autre.

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