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20/12/2016

Répartition, capitalisation… qu'est-ce qui définit un système de retraite ?

Par repartition par capitalisation

Un système de retraite nous permet de prélever une part de notre revenu aujourd'hui en échange de la promesse d'une pension quand nous nous arrêterons de travailler. Au-delà de cette définition générale, plusieurs paramètres différencient les systèmes entre eux. Voici les principaux.

 

1. Le mode d'adhésion : obligatoire ou volontaire

C'est sans doute le critère le plus important : dans un système rendu obligatoire par l'Etat, tout le monde doit cotiser pour sa retraite. Suivant les systèmes, cela peut se faire auprès de caisses privées ou publiques, par capitalisation ou par répartition, peu importe : tout le monde contribue.


Un système obligatoire permet de s'assurer que tout le monde se constitue une retraite. En effet, lorsque la cotisation est facultative, les plus modestes risquent de ne pas épargner, car l'effort est pour eux plus important.


Ce n'est cependant pas toujours suffisant : le premier système de retraite français pour les salariés du privé, créé en 1910, portait sur des sommes trop basses pour permettre aux cotisants de se constituer une retraite suffisante.


En outre, la présence d'un système obligatoire (comme en France) n'empêche pas l'existence d'une épargne retraite facultative, pour permettre à ceux qui le peuvent de se constituer une meilleure retraite.

 

 

2. Le statut : public ou privé

Les caisses de retraite peuvent être privées ou publiques. Le plus souvent, les caisses privées relèvent de l'épargne volontaire, les caisses publiques de l'épargne obligatoire. Mais un système obligatoire peut aussi fonctionner avec des caisses privées : c'est le cas par exemple au Chili.

 

 

3. Le mode de financement : répartition ou capitalisation

Les systèmes de retraite peuvent s'appuyer sur deux grands types de modes de financement : la répartition et la capitalisation.
Dans un système de retraite par répartition, les cotisations versées par les actifs servent directement à financer les pensions des retraités. On prélève une part du salaire des personnes en activité, et on redistribue l'ensemble des sommes sous forme de pensions.Dans un système de retraite par capitalisation, les actifs versent leurs cotisations dans un fonds, qui place les sommes au nom de chaque cotisant, et les lui restitue sous forme de rente (ou parfois de capital) au moment de la retraite.
En pratique, pour l'individu, il s'agit toujours d'épargner aujourd'hui pour percevoir demain : l'actif que je suis cotise pour l'inactif que je serai.

 

A l'échelle de l'économie dans son ensemble, à un instant T, un système de retraite organise toujours le transfert de ressources des actifs vers les retraités. Directement dans le cas de la répartition, indirectement (via des placements dans l'économie), pour la capitalisation.

 

La différence est donc d'abord technique. Les Anglo-saxons utilisent d'ailleurs une terminologie plus neutre : ils parlent de systèmes « funded » (capitalisation) et « unfunded » (répartition).

 

Dans le système par capitalisation, le rendement des cotisations, qui conditionne le niveau des pensions futures, dépend des performances du marché sur le long terme, et donc des taux d'intérêts.

 

Dans le système par répartition, le rendement des cotisations dépend du taux de croissance de la masse salariale, puisque les cotisations sont prélevées sur les salaires.

 

Les deux premiers systèmes de retraite obligatoires pour les salariés du secteur public, en France, fonctionnaient en capitalisation. Créés respectivement en 1910 et 1930, ils ont l'un comme l'autre pâti de la forte inflation pendant les deux guerres mondiales. D'où le choix, en 1941 puis en 1945, d'un système par répartition.

 

Certains systèmes, comme en Suède, choisissent de mélanger les deux systèmes, pour plus de sûreté dans la durée.

 

 

4. Le mode de fonctionnement : contributif ou redistributif

Un système de retraite peut verser des pensions proportionnelles à la contribution de chacun, ou opérer une redistribution, c'est-à-dire donner davantage aux moins aisés qu'aux plus aisés.


Un système de retraite est entièrement contributif quand les pensions sont directement proportionnelles au montant total des cotisations versées au cours de la carrière de l'adhérent.


Un système de retraite est entièrement redistributif quand les pensions sont indépendantes du montant des cotisations versées. C'est le cas, par exemple, pour le minimum vieillesse, qui est financé par l'impôt : tout le monde a le droit au même montant garanti, à condition de percevoir moins que ce dernier.


Le plus souvent, les systèmes de retraite comportent une dimension contributive et une dimension redistributive. Le système des trimestres de retraite pour enfants, par exemple, opère une redistribution de ceux qui n'ont pas eu d'enfants vers ceux qui en ont élevés.

 

 

5. Et en France ?

Le système français combine toutes ces dimensions, comme la plupart des systèmes de retraite.
Une partie obligatoire très développée, qui représente plus de 97% des pensions de retraite. Il s'agit essentiellement de régimes par répartition, publics (régimes de base) ou semi-publics (régimes complémentaires). Ces régimes ont une dimension contributive forte, en particulier les régimes complémentaires qui fonctionnent en points, la pension étant directement calculée en fonction du montant de cotisations versées. Le régime de base des salariés n'est pas entièrement contributif, puisqu'on ne tient compte que des 25 meilleures années. Des dispositifs redistributifs interviennent aussi : avantages familiaux, trimestres gratuits pour périodes d'inactivité ou de maladie, réversion, minimum contributif, minimum vieillesse
Une partie facultative beaucoup moins développée que dans beaucoup d'autres pays, avec deux types de dispositifs : les retraites d'entreprise et les produits d'épargne retraite individuels. Dans les deux cas, il s'agit de systèmes facultatifs, le plus souvent privés, en capitalisation et contributifs.
Bien sûr, les pensions et rentes de retraite proprement dites ne constituent pas l'intégralité des revenus des retraités, qui peuvent être complétés également par des revenus d'activité, de l'assurance vie, de l'immobilier

 

 

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