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08/01/2015

Qu'est-ce qui peut réduire ou augmenter ma pension de retraite ?

Qu\'est-ce qui peut affecter ma retraite

Dans tous les régimes de retraite, la pension que vous percevrez sera d'autant plus importante que vous aurez cotisé longtemps et sur des sommes importantes. Mais ces deux paramètres – durée et montant des cotisations – affectent la pension de différentes manières, suivant les régimes (base ou complémentaire), le niveau de salaire, la durée d'assurance de référence, l'âge…

1. Régime de base

Dans le régime général des salariés du privé, le régime des salariés agricoles et le régime des artisans et commerçants, la pension de retraite se calcule de la même façon : à taux plein, elle s'élève à 50% de la moyenne des 25 meilleures années de revenu.
Pour bénéficier d'une pension complète, il faut avoir au moins 62 ans et tous ses trimestres (ou entre 60 et 62 ans suivant l'année de naissance si vous êtes né avant 1955).

 

 

1.1. Quelle est l'influence du nombre de trimestres sur votre pension ?

Si vous avez validé, tous régimes confondus, moins de trimestres que la durée d'assurance requise (soit entre 160 et 172 selon votre année de naissance) et que vous prenez votre retraite entre 62 et 67 ans, votre pension de retraite de base est réduite de deux façons :D'abord, elle est calculée au prorata du nombre de trimestres que vous avez validés : c'est ce qu'on appelle la proratisation. Par exemple, si vous avez validé 150 trimestres et qu'il vous en faut 166, votre pension sera multipliée par 150/166. Elle sera donc réduite.Ensuite, elle subit une décote, c'est-à-dire qu'elle est réduite de 1,25% par trimestre manquant.
Pour calculer le nombre de trimestres manquants, on compare le nombre de trimestres nécessaires pour compléter votre durée d'assurance et le nombre de trimestres qui vous sépare de 67 ans ; on retient le nombre le plus petit, et donc le plus avantageux pour vous. Par exemple, s'il vous manque 7 trimestres pour atteindre 67 ans, et 10 trimestres pour atteindre votre durée d'assurance requise, on retiendra 7 trimestres manquants ; votre pension sera réduite de 7 x 1,25%, soit 8,75%.

Si vous avez validé, tous régimes confondus, moins de trimestres que la durée d'assurance requise, mais que vous prenez votre retraite à 67 ans ou plus, votre pension ne subit qu'une seule réduction : Elle est calculée au prorata du nombre de trimestres validés (c'est la proratisation), c'est-à-dire, par exemple, multipliée par 150/166 si vous avez validé 150 trimestres et deviez en valider 166 ;Mais elle ne subit pas de décote.


Si vous remplissez les conditions suivantes :Vous avez validé, dans un régime aligné seulement (régime général des salarié du privé, RSI ou régime des salariés agricoles seulement), moins de trimestres que la durée d'assurance requise ;Mais vous avez validé, tous régimes confondus, tous vos trimestres (vous êtes alors dit « polypensionné » ; par exemple, si vous avez été successivement salarié du privé et fonctionnaire, ou salarié et indépendant…) ;Vous prenez votre retraite entre 62 et 67 ans ;
Alors :
Votre pension de retraite du régime général sera calculée au prorata du nombre de trimestres validés. Par exemple, elle sera multipliée par 120/165 si vous avez validé 120 trimestres au régime général et que votre durée d'assurance requise est de 165 trimestres.En revanche, elle ne subira aucune décote.Vous percevrez également des pensions de retraite proratisées, mais sans décote, de l'ensemble des autres régimes dont vous avez dépendu.
A noter que pour les personnes nées avant 1955, les âges de référence sont moins élevés. Suivant l'année de naissance, il faut avoir :
Entre 60 et 62 ans pour percevoir sa retraite sans décote en ayant tous ses trimestres ;Entre 65 et 67 ans pour percevoir sa retraite sans décote sans avoir à valider tous ses trimestres.

 

 

1.2. Quelle est l'influence du montant de vos revenus sur votre pension ?

Votre pension est calculée à partir d'un salaire de référence dit « salaire annuel moyen » (ou « revenu annuel moyen » pour les indépendants). La pension à taux plein s'élève à la moitié de ce salaire.

Le salaire annuel moyen représente la moyenne des 25 meilleures années de salaire. Mais attention : pour faire cette moyenne, on ne prend pas le salaire de chaque année tel quel ; on lui applique un coefficient de revalorisation, qui tient compte de l'évolution des prix. Votre salaire perçu en 1985, par exemple, sera converti en euros et multiplié par un coefficient qui permettra de le revaloriser à la date à laquelle vous prendrez votre retraite.

Par ailleurs, on ne prend en compte que la partie de votre salaire qui est inférieure ou égale au « plafond de la Sécurité sociale ». Ce montant est revalorisé chaque année.
→ En conséquence, pour que le montant de votre revenu de l'année en cours, par exemple, augmente votre pension, il faut :
qu'il soit inférieur au plafond de la Sécurité sociale ; au-delà, l'augmentation de salaire n'influe pas sur votre retraite de base ;qu'il figure parmi les 25 meilleurs salaires de votre carrière.
Pour y voir plus clair, il vous suffit de demander, en ligne, votre relevé de carrière à l'Assurance Vieillesse ; vous y trouverez la liste de vos salaires annuels revalorisés depuis le début de votre vie professionnelle en tant que salarié.

 

2. Régimes complémentaires (Agirc-Arrco, RSI complémentaire)

Le calcul de la pension est plus simple dans les régimes complémentaires, qui sont des régimes en points : il suffit de multiplier le nombre de points acquis au cours de la carrière par la valeur du point à la date de la liquidation. Le résultat donne la pension complémentaire annuelle.

 

2.1. L'influence du nombre de trimestres

Si vous liquidez votre pension de retraite de base à taux réduit (avant 67 ans, sans avoir validé tous vos trimestres, tous régimes confondus) :Votre pension est affectée d'une décote, en fonction (comme pour le régime de base) du nombre de trimestres qui vous manque pour atteindre soit 67 ans, soit votre durée d'assurance requise (on prend le nombre le plus bas). Attention, les pourcentages de décote sont différents de ceux du régime général : 1% par trimestre jusqu'à 12 trimestres manquants, puis 1,25% par trimestre.
Par exemple, s'il vous manque 15 trimestres, la décote appliquée à votre retraite complémentaire sera de 12 x 1% + 3 x 1,25% = 15,75%.
En revanche, aucune proratisation ne s'applique.Si vous liquidez votre pension de retraite de base à taux plein, votre pension complémentaire est également à taux plein : elle ne subit aucune réduction.

 

2.2. L'influence du montant de votre revenu

Dans les régimes complémentaires, plus votre revenu est élevé, plus vous cotisez et plus vous augmentez votre future pension.

La seule limite est celle du plafond de cotisation le plus élevé : 3 fois le plafond de la Sécurité sociale pour l'Arrco (9387€ par mois en 2014), 8 fois ce même plafond pour l'Agirc (environ 25 000€ par mois en 2014), 4 fois pour le RSI complémentaire (environ 12 500€ par mois en 2014). Au-delà de ces montants, l'augmentation de votre revenu ne se traduit par aucune augmentation de pension complémentaire.


3. Qu'est-ce qui peut augmenter votre pension ?

3.1. Avant 67 ans

Si vous n'avez pas validé tous vos trimestres : Vous pouvez continuer à travailler, car chaque trimestre validé supplémentaire augmente votre future pension de base et votre future pension complémentaire de plusieurs façons :
en réduisant l'effet de la « proratisation » (pour la pension de base), en réduisant l'effet de la décote (pour les deux), en augmentant la base de calcul de la pension :
pour la pension de base : chaque trimestre cotisé ou chaque trimestre de maternité supplémentaire peut accroître votre future retraite de base, en augmentant votre « salaire annuel moyen » (si l'année en cours compte dans les 25 meilleures) ; les trimestres assimilés (chômage, maladie… hors maternité), en revanche, n'influent pas sur ce montant.
pour la pension complémentaire : chaque trimestre cotisé et une partie des trimestres assimilés (chômage indemnisé, maladie, accident du travail, invalidité) supplémentaires accroissent votre future retraite en augmentant votre nombre de points. Les trimestres de chômage non indemnisé ou de parents au foyer, même validés par le régime de base, ne donnent droit à aucun point et n'augmentent pas la retraite complémentaire.


Si vous avez validé tous vos trimestres :Les trimestres validés au-delà de votre durée d'assurance requise n'améliorent pas la proratisation : si vous avez validé 170 trimestres et qu'il vous en fallait 166, on ne multiplie pas votre pension par 170/166 !

En revanche, ils vous donnent bien droit à des points de retraite complémentaire (sauf certains trimestres assimilés) et peuvent augmenter votre pension de base si vous cotisez sur des montants élevés par rapport à votre carrière (c'est-à-dire si l'année pendant laquelle vous cotisez figure parmi vos 25 meilleures).

En outre, si vous avez plus de 62 ans, chaque trimestre cotisé supplémentaire vous donne droit à une surcote, c'est-à-dire une augmentation de votre pension de base, de 1,25%.

 

3.2. Après 67 ans

Si vous avez validé tous vos trimestres, vous êtes dans la même situation qu'avant 67 ans : chaque trimestre supplémentaire vous donne droit à une surcote de 1,25% ; accroît votre nombre de points de retraite complémentaire ; et potentiellement votre salaire annuel moyen, si vos revenus sont élevés.
S'il vous manque des trimestres, vous ne bénéficiez pas de la surcote. En revanche, le rythme de validation de trimestres s'accélère après 67 ans : pour chaque nouveau trimestre validé, votre durée d'assurance est augmentée de 2,5%. Vous pouvez donc, en relativement peu d'années, accumuler un nombre important de trimestres pour compléter votre durée d'assurance.
Par exemple, si vous prenez votre retraite à 70 ans avec 120 trimestres, vous avez validé 3 années, soit 12 trimestres après vos 67 ans ; votre durée d'assurance est augmentée de 2,5 x 12 = 30% de 120, soit 36 trimestres supplémentaires ; soit 156 trimestres au total au lieu de 120. Ce calcul ne peut pas porter votre nombre de trimestre au-delà de votre durée d'assurance requise.

Attention : ce mécanisme n'est pas le même que celui de la surcote, qui s'applique aux trimestres travaillés au-delà de la durée d'assurance requise et après 62 ans. Les deux ne peuvent pas se cumuler.

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